Égypte : un câble sous-marin de 200 km pour renforcer le transit de données
L’Égypte veut renforcer sa position de carrefour numérique entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. Telecom Egypt et la société grecque Power Sub Link (PSL) ont signé, mercredi 2 septembre 2026, un protocole d’accord pour développer un nouveau câble sous-marin d’environ 200 km entre Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, et Taba, sur le golfe d’Aqaba.
La mise en service de cette nouvelle infrastructure est prévue au quatrième trimestre 2027. Sa capacité de conception atteindra environ 1 pétabit par seconde, selon les informations communiquées autour du projet.
Une nouvelle liaison entre la mer Rouge et la Méditerranée
Le futur câble doit prolonger le Red Sea Subsea Festoon Cable System de Telecom Egypt jusqu’à Taba. Il permettra ainsi de renforcer la connexion entre plusieurs points d’atterrissement situés sur le territoire égyptien, notamment Suez, Zaafarana, Ras Gharib, Charm el-Cheikh et Taba.
Cette infrastructure s’inscrit dans l’architecture Red2Med, qui relie les réseaux de la mer Rouge au corridor terrestre ICE et aux infrastructures de Port-Saïd, sur la Méditerranée.
L’objectif est notamment de multiplier les itinéraires disponibles pour les opérateurs internationaux. Le trafic de données pourra ainsi emprunter différents chemins entre la mer Rouge et la Méditerranée, ce qui doit contribuer à améliorer la résilience du réseau.
Lire aussi : CEDEAO : vers un second câble sous-marin en Afrique de l’Ouest
Sécuriser les flux face aux vulnérabilités de la mer Rouge
Le développement de nouvelles routes prend une importance particulière dans une région où plusieurs câbles sous-marins ont déjà subi des perturbations.
En février 2024, les systèmes AAE-1, EIG et SEACOM/Tata TGN-Eurasia avaient notamment été touchés par des incidents dans la mer Rouge. Ces infrastructures assurent des liaisons essentielles entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
De nouvelles perturbations ont également été enregistrées en septembre 2025. Le réacheminement d’une partie du trafic vers d’autres infrastructures a permis de limiter les conséquences, mais avec une augmentation de la latence.
Cette situation met en évidence la vulnérabilité liée à la concentration des câbles sur certains passages stratégiques. Le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge, constitue à cet égard un point particulièrement sensible, avec une quinzaine de câbles qui y transiteraient selon l’International Cable Protection Committee.
Telecom Egypt veut accroître son rôle dans le transit international
Le projet de Taba s’inscrit dans une stratégie plus large de Telecom Egypt visant à développer ses activités liées au transit international de données.
Selon les informations présentées par l’opérateur pour Capacity Europe 2026, ses infrastructures transportent plus de 90 % du trafic international de données entre l’Europe et l’Asie ainsi qu’entre l’Europe et l’Afrique. La capacité de transit annoncée dépasse désormais 330 Tb/s.
Telecom Egypt cherche également à proposer aux opérateurs internationaux plusieurs possibilités d’acheminement. Lancée en 2023, son offre WeConnect permet notamment de combiner des capacités provenant de plusieurs systèmes sous-marins afin de disposer de différentes routes entre les marchés européens, africains, asiatiques et moyen-orientaux.
Des revenus importants liés aux activités internationales
Cette stratégie représente également un enjeu commercial pour l’opérateur égyptien. En 2025, Telecom Egypt a enregistré 34,5 milliards de livres égyptiennes, soit environ 680 millions de dollars, de revenus provenant des activités International Carriers et International Customers & Networks.
Ce montant ne correspond toutefois pas uniquement aux câbles sous-marins. Ces deux catégories regroupent plusieurs services destinés aux opérateurs internationaux et aux clients de réseaux.
L’Égypte investit par ailleurs depuis plusieurs années dans l’extension de son infrastructure sous-marine. En 2023, l’ancien ministre des Communications et des Technologies de l’information, Amr Talaat, avait indiqué que le pays consacrait plus de 600 millions de dollars au développement de son réseau de câbles sous-marins. L’objectif affiché était alors de générer, à terme, environ 250 millions de dollars de revenus annuels.
Avec cette nouvelle liaison entre Charm el-Cheikh et Taba, l’Égypte cherche ainsi à renforcer davantage son rôle de pont numérique entre les continents, tout en diversifiant les routes disponibles pour le transport international des données.







