La balance des paiements de l’Égypte continue de se dégrader malgré des signaux positifs du côté du compte courant, selon un communiqué publié le mercredi 21 janvier par la Banque centrale égyptienne (CBE). Sur les trois premiers mois de l’exercice 2025/2026 (juillet-septembre 2025), le déficit global s’est établi à 1,6 milliard de dollars.
Ce résultat marque une détérioration notable par rapport au déficit de 991,2 millions de dollars enregistré à la même période de l’exercice précédent, traduisant une intensification des sorties nettes de devises dans un contexte de pressions persistantes sur les équilibres externes.
Dans le détail, le compte courant, qui retrace les échanges de biens et services ainsi que les revenus et transferts, affiche une amélioration significative. Son déficit s’est réduit de 45,2 %, passant de 5,9 milliards de dollars à 3,2 milliards de dollars sur un an.
Cette évolution favorable repose principalement sur deux moteurs. D’une part, les transferts de fonds des Égyptiens de l’étranger ont enregistré une hausse spectaculaire de 29,8 %, atteignant 10,8 milliards de dollars, contre 8,3 milliards un an plus tôt. D’autre part, le secteur du tourisme a poursuivi sa reprise, avec des recettes en progression de 13,7 %, pour s’établir à 5,5 milliards de dollars sur la période.
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Toutefois, cette dynamique positive a été partiellement neutralisée par l’aggravation du déficit commercial pétrolier, passé de 4,2 milliards à près de 5,2 milliards de dollars en un an. Cette dégradation s’explique principalement par une forte hausse des importations de produits pétroliers, qui ont bondi de 5,4 milliards à environ 6,4 milliards de dollars sur le trimestre.
Sur le plan financier, le profil extérieur de l’Égypte révèle une mutation vers un net désendettement. Le compte de capital et d’opérations financières s’est soldé par une sortie nette de capitaux de 366,4 millions de dollars, contre une entrée nette de 3,8 milliards de dollars un an plus tôt. Ce retournement reflète à la fois un alourdissement du service de la dette extérieure et un léger fléchissement de l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.
Selon la Banque centrale, le service de la dette extérieure a généré une sortie nette de 4,34 milliards de dollars entre juillet et septembre 2025. À titre de comparaison, ce poste affichait une entrée nette de 1,6 milliard de dollars sur la même période de l’exercice précédent, illustrant l’ampleur de l’effort de désendettement consenti par les autorités.







