Dans une déclaration choc publiée sur Truth Social, Donald Trump a annoncé la suspension de l’aide américaine à l’Afrique du Sud, accusant Pretoria de « confisquer des terres et de maltraiter certaines personnes ». Cette décision intervient quelques jours après la promulgation par le président Cyril Ramaphosa d’une loi autorisant, sous conditions, l’expropriation foncière sans compensation.
La nouvelle a suscité une onde de choc dans la nation arc-en-ciel. Lundi, toute la classe politique sud-africaine a condamné les propos de l’ancien président américain. Cyril Ramaphosa a tenu à clarifier la situation dans un communiqué : « Le gouvernement sud-africain n’a confisqué aucune terre. La loi récemment adoptée assure une répartition équitable et juste des terres, conforme à notre Constitution. »
La question foncière reste sensible en Afrique du Sud, où la grande majorité des terres agricoles reste détenue par des propriétaires blancs, malgré la fin de l’apartheid il y a plus de trois décennies. La réforme agraire visée par l’ANC depuis 1994 n’a pas donné les résultats escomptés, d’où la mise en place de cette nouvelle législation. Cette loi très encadrée n’envisage l’expropriation sans compensation qu’en dernier recours, notamment pour des terres non exploitées.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a rappelé que ce type de mesure existe dans de nombreuses démocraties, dont les États-Unis. Cependant, les nuances juridiques n’ont pas atteint Donald Trump, qui semble avoir été influencé par le groupe de pression Afrikaner AfriForum. Ce lobby défend les fermiers blancs et qualifie régulièrement les violences à leur encontre de « génocide », une accusation reprise par Elon Musk sur X, où il a interpellé Ramaphosa.
En réponse à la menace de suspension de l’aide américaine, le ministre des Mines Gwede Mantashe a répliqué : « Si Trump retire l’aide, nous pouvons retirer nos minéraux. » Cette aide, qui s’élevait à 440 millions de dollars en 2023, est essentiellement consacrée aux programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose, à travers l’initiative Pepfar. Selon Ramaphosa, elle constitue l’unique source significative de financement américain pour l’Afrique du Sud.
Le bras de fer diplomatique qui s’annonce pourrait avoir des répercussions économiques importantes, notamment sur les échanges entre les deux nations.




























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