Forum de Paris : la Côte d’Ivoire met en avant sa stratégie innovante de gestion de la dette
La Côte d’Ivoire a profité de la 13ᵉ édition du Forum de Paris, organisée les 23 et 24 juin 2026, pour défendre sa vision d’une gestion plus durable de la dette souveraine et plaider en faveur d’un accès plus équitable des pays africains aux financements internationaux. Représenté par son ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le pays a présenté les principaux axes de sa stratégie de financement, dans un contexte marqué par l’amélioration de son profil de risque de surendettement.
Placée sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », cette rencontre a réuni les pays membres du Club de Paris, le Fonds monétaire international (FMI), le Groupe de la Banque mondiale, plusieurs institutions financières internationales ainsi que des pays africains, dont la Côte d’Ivoire, l’Égypte et l’Éthiopie.
Un contexte mondial de plus en plus préoccupant
Intervenant lors d’un panel consacré au thème « Repenser le dialogue et les partenariats internationaux face aux mutations de la dette souveraine mondiale », le ministre ivoirien a pris part à des échanges portant sur les défis auxquels sont confrontés les pays en développement.
Les discussions ont mis en lumière une situation jugée préoccupante. Selon les données présentées au Forum, près de 3,4 milliards de personnes vivent dans des pays qui consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’aux secteurs de la santé ou de l’éducation.
Les participants ont également souligné que plusieurs pays africains empruntent sur les marchés internationaux à des coûts pouvant atteindre jusqu’à quatre fois ceux supportés par d’autres économies émergentes, une situation aggravée par la hausse des taux d’intérêt mondiaux, les tensions géopolitiques, la dépréciation de nombreuses monnaies africaines et le durcissement des conditions de financement.
À l’occasion des 70 ans du Club de Paris, les intervenants ont appelé à des solutions plus ambitieuses pour traiter durablement la question de la dette, désormais étroitement liée aux enjeux climatiques, au développement et à la stabilité politique.
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Une stratégie ivoirienne fondée sur quatre piliers
Face à ces défis, la Côte d’Ivoire a mis en avant une stratégie de gestion de la dette à moyen terme reposant sur quatre axes majeurs :
- la mobilisation des partenaires au développement ;
- la diversification des sources de financement ;
- le recours à des montages financiers innovants ;
- le développement de la finance durable.
Selon le ministre de l’Économie, cette approche vise à garantir un financement soutenable des investissements publics tout en maîtrisant les risques liés à l’endettement.
Trois innovations financières mises en avant
Le gouvernement ivoirien a présenté plusieurs opérations considérées comme innovantes dans la gestion de sa dette.
La première concerne un échange de dette contre développement (debt-for-development swap), adossé à une garantie de la Banque mondiale. Cette opération a permis de réduire le coût de la dette tout en réaffectant les économies réalisées au financement du secteur de l’éducation.
La deuxième initiative repose sur un financement durable bénéficiant d’une double garantie de la Banque mondiale et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Les ressources mobilisées sont destinées à soutenir des projets liés au climat ainsi qu’au développement d’infrastructures résilientes.
Enfin, la Côte d’Ivoire a mis en avant son émission obligataire internationale libellée en francs CFA, une première qui permet de transférer le risque de change aux investisseurs tout en contribuant au développement du marché financier régional.
Un appel à renforcer les mécanismes de financement de l’Afrique
Profitant de cette tribune internationale, le ministre ivoirien a appelé les membres du Club de Paris et les institutions financières internationales à amplifier les mécanismes innovants de financement en faveur des économies africaines.
Il a également plaidé pour un renforcement du rôle des banques régionales de développement, jugées essentielles pour accompagner les besoins croissants de financement du continent dans un contexte mondial plus contraint.
Une crédibilité renforcée sur les marchés
La participation de la Côte d’Ivoire au Forum de Paris intervient dans un contexte favorable pour les finances publiques du pays.
Récemment, les institutions financières internationales ont reclassé le risque de surendettement de la Côte d’Ivoire de « modéré » à « faible », faisant du pays la seule économie d’Afrique à bénéficier actuellement de cette amélioration.
Cette évolution renforce la crédibilité financière du pays auprès des investisseurs et conforte la stratégie mise en œuvre par les autorités pour diversifier leurs sources de financement, réduire les coûts de la dette et préserver la soutenabilité des finances publiques.
En mettant en avant ses innovations financières devant les principales institutions internationales, la Côte d’Ivoire cherche désormais à consolider son positionnement comme l’une des références africaines en matière de gestion active et durable de la dette souveraine.







