La Côte d’Ivoire engage un nouveau chantier autour de la mesure du développement humain. Le pays a lancé, le 15 septembre 2026 à Abidjan, un atelier international consacré à l’harmonisation des méthodologies de calcul de l’Indice de développement humain (IDH) et à l’élaboration du Rapport national sur le développement humain 2026.
Présidée par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, la rencontre réunit des experts nationaux et internationaux afin de rapprocher les méthodes statistiques utilisées en Côte d’Ivoire de celles des principales institutions internationales.
L’objectif est double : améliorer la comparabilité des données sur le développement humain et disposer d’un outil permettant de mieux mesurer les progrès accomplis dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
La Côte d’Ivoire veut harmoniser le calcul de son IDH
L’atelier rassemble des représentants du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du Bureau du Rapport sur le développement humain, de l’Institut de statistique de l’UNESCO, de la Banque mondiale et de la Division de la population des Nations unies.
Les administrations nationales, les universités, les centres de recherche, le secteur privé et la société civile participent également aux travaux.
Cette mobilisation doit permettre d’établir une feuille de route commune pour aligner les méthodes nationales de calcul de l’IDH sur les standards utilisés au niveau international.
Au-delà de l’harmonisation technique, l’enjeu est de disposer de données plus fiables et comparables pour suivre l’évolution des conditions de vie de la population.
Un rapport national pour évaluer le développement humain
Les travaux doivent également aboutir à l’élaboration du Rapport national sur le développement humain 2026.
Ce document doit contribuer à l’évaluation de la mise en œuvre du PND 2026-2030 et fournir aux pouvoirs publics des éléments pour mesurer les progrès réalisés dans plusieurs dimensions du développement.
L’IDH repose notamment sur trois grandes composantes : la santé, l’éducation et le niveau de vie.
Pour le ministre Souleymane Diarrassouba, ces dimensions constituent des éléments fondamentaux de la trajectoire de développement du pays.
« La véritable richesse d’une nation réside d’abord dans son capital humain. La santé, l’éducation et le niveau de vie sont les piliers sur lesquels repose le développement durable », a-t-il déclaré.
L’IDH ivoirien progresse de plus de 25 % depuis 2010
Les données communiquées à l’occasion de l’atelier montrent une amélioration de l’Indice de développement humain de la Côte d’Ivoire au cours des dernières années.
L’IDH du pays est passé de 0,465 en 2010 à 0,582 en 2023, soit une progression de plus de 25 %.
Entre 2022 et 2023, la Côte d’Ivoire aurait enregistré la première progression en Afrique subsaharienne et la quatrième au niveau mondial, selon les données présentées lors de la rencontre.
Le pays occupe par ailleurs le premier rang au sein de l’UEMOA et le troisième au sein de la CEDEAO, d’après les éléments communiqués.
Ces performances doivent toutefois être mises en perspective avec les différentes composantes de l’indice et avec les disparités qui peuvent subsister entre territoires et catégories de population.
Santé, éducation et revenus : les principaux indicateurs
Les indicateurs présentés permettent de mieux comprendre les évolutions prises en compte dans le calcul de l’IDH ivoirien.
L’espérance de vie à la naissance s’établit à 61,9 ans, tandis que la durée attendue de scolarisation atteint 11,4 ans.
Le revenu national brut par habitant s’élève pour sa part à 6 735,4 dollars en parité de pouvoir d’achat.
Ces trois dimensions permettent de mesurer, sous différents angles, les conditions dans lesquelles la population peut développer ses capacités et améliorer son niveau de vie.
L’évolution de l’IDH ne se limite donc pas à la seule performance économique. Elle intègre également les progrès réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Des données plus fiables pour orienter les politiques publiques
L’harmonisation des méthodes de calcul intervient dans un contexte de renforcement du Système statistique national ivoirien.
Cette dynamique a notamment été confortée par le décret du 5 août 2026 relatif à la validation, à la diffusion et à l’archivage des statistiques publiques.
La qualité des statistiques constitue un enjeu central pour la planification économique. Des données fiables, actualisées et comparables permettent en effet de mieux mesurer l’efficacité des politiques publiques et d’identifier les secteurs nécessitant davantage d’interventions.
Pour la Côte d’Ivoire, le chantier autour de l’IDH doit ainsi permettre d’aller au-delà de la mesure d’une performance globale et de mieux identifier les vulnérabilités persistantes.
Un outil de suivi du PND 2026-2030
Le Rapport national sur le développement humain 2026 doit également servir à éclairer la mise en œuvre du PND 2026-2030.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : le PND 2026-2030 adopté à l’unanimité
Le nouveau plan de développement constitue le cadre de référence des politiques économiques et sociales ivoiriennes pour les prochaines années.
Dans ce contexte, disposer d’indicateurs harmonisés permettra de suivre plus précisément l’évolution du capital humain et les effets des politiques publiques sur les populations.
L’enjeu sera notamment de déterminer dans quelle mesure la croissance économique se traduit par des améliorations concrètes dans l’accès à la santé, à l’éducation et à un niveau de vie décent.
Le capital humain au cœur de la stratégie ivoirienne
À travers cet atelier, la Côte d’Ivoire cherche donc à renforcer simultanément ses capacités statistiques et ses outils de pilotage du développement.
L’harmonisation du calcul de l’IDH avec les méthodes internationales doit améliorer la comparabilité des données, tandis que le Rapport national sur le développement humain 2026 devrait apporter un éclairage complémentaire sur les réalités du pays.
Pour les autorités, l’objectif est désormais de transformer les progrès enregistrés dans les indicateurs de développement humain en résultats durables et mieux répartis sur l’ensemble du territoire.
La qualité des données, leur disponibilité et leur utilisation dans la décision publique seront déterminantes pour mesurer les avancées du PND 2026-2030 et identifier les priorités à venir.







