La Côte d’Ivoire, déjà troisième producteur mondial de caoutchouc naturel avec 1,6 million de tonnes produites en 2023, entend franchir de nouveaux paliers dans le développement de cette filière stratégique. Lors des « Journées du Caoutchouc Naturel » organisées du 24 au 26 octobre 2024, les autorités ivoiriennes, soutenues par des leaders de la filière comme Charles-Emmanuel Yacé, président de l’APROMAC (Association des Professionnels du Caoutchouc), ont mis en avant des ambitions de durabilité et de transformation renforcées.
Pour garantir une filière écoresponsable, l’APROMAC a entrepris un vaste programme d’identification et de géolocalisation des 205 000 hectares de plantations actuelles. Cette initiative, initiée avant la directive européenne sur la traçabilité et la lutte contre la déforestation, s’accompagne d’un projet de labellisation de l’hévéa ivoirien. Cette certification permettra d’assurer une qualité élevée et de répondre aux exigences croissantes des consommateurs et des industriels en matière de durabilité.
« L’avenir est prometteur pour la filière hévéicole ivoirienne, qui se prépare à relever les défis du secteur avec des pratiques responsables et innovantes, » a déclaré Charles-Emmanuel Yacé, ajoutant que cette labellisation renforcera la compétitivité de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial.
Avec une capacité de première transformation de 1,8 million de tonnes portée par 40 usines, la Côte d’Ivoire ambitionne désormais de passer à la deuxième et troisième transformation. L’objectif est de produire localement des biens à forte valeur ajoutée comme des pneus, semelles de chaussures, et gants, ce qui marquerait un tournant majeur pour la filière.
Le Premier ministre Beugré Mambé a insisté sur la priorité accordée à cette transformation industrielle, notant que le pays perçoit actuellement moins de 1% des revenus générés par la filière du caoutchouc, estimés à 350 milliards de dollars à l’échelle mondiale.
Au-delà de la transformation du caoutchouc, la Côte d’Ivoire explore le potentiel du biocarburant et du biogaz à partir des graines de l’hévéa, offrant des alternatives écologiques pour une exploitation plus complète de l’arbre.
Dans un souci de préserver l’environnement, les nouvelles plantations de caoutchouc s’étendent aux savanes arborées de l’ouest et de l’est de la Côte d’Ivoire, contribuant à la reforestation. Un autre projet phare de l’APROMAC est l’Académie des Métiers de l’Hévéa, un institut de formation sur une superficie de 236 hectares à Taabo, qui visera à former les professionnels de la filière.
La Côte d’Ivoire se prépare à marquer une nouvelle ère pour le caoutchouc naturel en misant sur des pratiques agricoles durables, une labellisation renforcée, et une montée en puissance de la transformation industrielle. Ces initiatives visent à faire du pays un acteur incontournable de la production et de la transformation du caoutchouc en Afrique et dans le monde.







