La Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH), filiale du groupe SIFCA, a enregistré un bénéfice net de 9,70 milliards de FCFA au terme des neuf premiers mois de 2026, contre 23,15 milliards de FCFA à la même période en 2025, soit une baisse de 58 %. Cette contre-performance s’explique notamment par le recul des volumes commercialisés, la hausse du coût d’approvisionnement en matière première et la pression croissante sur les marges.
Spécialisée dans la production de caoutchouc naturel, la société évolue dans un environnement marqué par des contraintes logistiques et une concurrence accrue entre transformateurs pour accéder à une matière première devenue plus difficile à obtenir.
SAPH : le chiffre d’affaires recule de 8 % à fin septembre
Entre janvier et septembre 2026, le chiffre d’affaires de la SAPH s’est établi à 232,47 milliards de FCFA, contre 253,72 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une contraction de 8 %.
Selon la direction, les volumes vendus ont diminué de 9,5 %, notamment sous l’effet de la congestion portuaire à San-Pédro. Le prix moyen de vente a également reculé de 0,6 % sur la période.
Cette baisse simultanée des volumes commercialisés et du prix moyen de vente a pesé sur les revenus de l’entreprise. Elle intervient dans un contexte où les contraintes d’approvisionnement et les difficultés logistiques compliquent les conditions d’exploitation du secteur.
La hausse des coûts pèse sur la rentabilité opérationnelle
Au-delà du recul de l’activité commerciale, la SAPH subit une concurrence plus intense pour l’approvisionnement en matière première destinée à la production de caoutchouc naturel. Cette situation favorise la hausse des prix d’achat et exerce une pression supplémentaire sur les marges.
En conséquence, le résultat d’exploitation de la société a chuté de 53 % à fin septembre 2026, pour s’établir à 15,81 milliards de FCFA, contre 33,50 milliards de FCFA à la même période en 2025.
La dégradation des performances s’étend également au résultat financier, qui ressort à -2,81 milliards de FCFA, contre -2,52 milliards de FCFA un an auparavant.
Le résultat des activités ordinaires a ainsi reculé de 58 %, passant de 30,98 milliards de FCFA en septembre 2025 à 13 milliards de FCFA en septembre 2026.
La direction attribue notamment cette évolution à l’augmentation des frais financiers, liée à la hausse du besoin en fonds de roulement et aux intérêts des nouveaux emprunts contractés pour financer les investissements.
La marge nette de la SAPH s’est, pour sa part, réduite à 4 %, contre 9 % à fin septembre 2025.
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Le secteur ivoirien du caoutchouc confronté à des contraintes structurelles
Deuxième productrice mondiale de caoutchouc naturel, la Côte d’Ivoire fait face, selon la SAPH, à un plafonnement de sa production et à une surcapacité structurelle de transformation.
Les usines doivent ainsi se disputer des volumes limités de matière première, ce qui réduit leur pouvoir de négociation face aux planteurs et accentue les tensions sur les coûts d’approvisionnement.
À ces contraintes s’ajoutent les répercussions de l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui pèse sur les coûts de l’énergie, les parités monétaires et la régularité des échanges maritimes.
Dans cet environnement, les industriels doivent composer avec des coûts plus élevés et des contraintes logistiques susceptibles d’affecter leur rentabilité.
SAPH maintient son objectif annuel de bénéfice net
Malgré la dégradation de ses résultats à fin septembre, la direction de la SAPH maintient ses ambitions pour l’exercice 2026. Elle prévoit un bénéfice net annuel supérieur à son objectif budgétaire de 10,67 milliards de FCFA, en s’appuyant sur une dynamique des prix du marché qu’elle juge favorable.
À fin septembre, l’entreprise avait déjà réalisé environ 91 % de cet objectif. Son résultat net de 9,70 milliards de FCFA reste toutefois inférieur à celui enregistré sur les neuf premiers mois de 2025.
La société entend également poursuivre ses efforts de maîtrise des coûts de production et maintenir ses investissements stratégiques. Parmi les projets annoncés figure la finalisation de l’extension de son usine de Soubré.
La SAPH prévoit par ailleurs de se préparer à l’application de la réglementation européenne sur la déforestation (EUDR), dans l’objectif de renforcer son offre de caoutchouc durable et premium.
L’action SAPH reste volatile à la BRVM
À la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), l’action SAPH affiche une évolution contrastée depuis le début de 2026.
Après avoir terminé l’année 2025 à 7 900 FCFA, le titre s’est établi à 7 700 FCFA selon le tableau annuel fourni, soit un recul de 2,53 %. Son parcours a néanmoins été marqué par une forte volatilité, avec un plus bas de 6 290 FCFA et un plus haut de 10 450 FCFA.
Après une forte progression en août, le cours a nettement corrigé en septembre, avant de se stabiliser autour de 7 900 FCFA en octobre. Sur le seul mois de septembre, l’action a perdu 15,84 %, après avoir enregistré une hausse de 25,58 % en août.
Cette évolution boursière intervient alors que les résultats financiers à fin septembre font ressortir une baisse de 58 % du bénéfice net. Les prochaines performances opérationnelles et la capacité de la SAPH à maîtriser ses coûts seront donc déterminantes pour apprécier l’évolution de ses résultats au terme de l’exercice 2026.







