Côte d’Ivoire : l’État dégage un excédent de trésorerie de 369,1 milliards FCFA en 2025
L’État ivoirien a enregistré un excédent de trésorerie de 369,1 milliards de FCFA à la clôture de l’exercice budgétaire 2025. Selon le projet de loi portant règlement du budget, présenté en Conseil des ministres le 14 octobre 2026, les ressources mobilisées ont dépassé les dépenses exécutées, sur fond d’amélioration du recouvrement des recettes et de maîtrise des charges publiques. Le document fait également état d’une progression de la performance des programmes budgétaires.
Les finances publiques ivoiriennes affichent un solde positif en fin d’exercice 2025. D’après le projet de loi portant règlement du budget, les ressources mobilisées par l’État ont atteint 15 654,2 milliards de FCFA, contre 15 285,1 milliards de FCFA de dépenses exécutées.
La différence entre les deux montants fait ressortir un excédent de trésorerie de 369,1 milliards de FCFA.
Présenté en Conseil des ministres le 14 octobre 2026, ce document retrace l’exécution du budget de l’État et les résultats obtenus au cours de l’année. Le gouvernement attribue cette performance à une meilleure mobilisation des recettes, à la maîtrise des dépenses de fonctionnement et à une gestion prudente de la dette publique.
Ce résultat témoigne d’une exécution budgétaire favorable au regard des montants effectivement mobilisés et dépensés. Il convient toutefois de distinguer cet excédent de trésorerie du solde budgétaire global, dont le calcul et l’interprétation peuvent dépendre du périmètre comptable retenu.
Des recettes supérieures aux prévisions budgétaires
La mobilisation des ressources publiques constitue l’un des principaux facteurs mis en avant par le gouvernement ivoirien.
Initialement arrêté à 15 339,2 milliards de FCFA, le budget de l’État a été révisé en cours d’année à 15 464,1 milliards de FCFA afin de prendre en compte certaines opérations prioritaires.
À la clôture de l’exercice, les ressources effectivement mobilisées ont atteint 15 654,2 milliards de FCFA, dépassant ainsi les prévisions révisées d’environ 190 milliards de FCFA.
Le taux de recouvrement s’est établi à 101,2 %, ce qui signifie que les ressources encaissées ont légèrement dépassé l’objectif actualisé.
Cette performance peut contribuer à réduire les tensions de trésorerie et à renforcer la capacité de l’État à financer ses engagements. Elle souligne également l’importance de la mobilisation des recettes fiscales et des autres ressources publiques dans la gestion des finances nationales.
Le gouvernement met notamment en avant l’amélioration du recouvrement comme l’un des éléments ayant favorisé ce résultat.
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Les dépenses publiques exécutées à 98,8 %
Du côté des dépenses, l’État a exécuté 15 285,1 milliards de FCFA sur l’exercice 2025, soit un taux d’exécution de 98,8 % selon les données communiquées.
Ce niveau traduit une exécution proche des crédits budgétaires révisés. Il s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de maîtrise des dépenses de fonctionnement et de gestion prudente des finances publiques.
La maîtrise des dépenses constitue un levier important pour préserver les équilibres financiers, en particulier lorsque les besoins de financement des politiques publiques restent élevés.
Elle doit néanmoins être appréciée au regard de la nature des dépenses concernées. Une exécution budgétaire maîtrisée ne signifie pas nécessairement que tous les besoins ont été satisfaits, ni que les dépenses ont été réduites dans tous les secteurs.
L’enjeu pour les autorités consiste à maintenir une gestion rigoureuse tout en assurant le financement des services publics, des investissements et des programmes prioritaires.
La performance des programmes budgétaires progresse à 92,3 %
Au-delà des résultats financiers, le projet de loi de règlement met en évidence une amélioration des performances des programmes budgétaires.
Le taux moyen de réalisation des objectifs a atteint 92,3 % en 2025, contre 90,2 % en 2024 et 85,2 % en 2022.
La progression est de 2,1 points de pourcentage sur un an et de 7,1 points entre 2022 et 2025.
Cette évolution traduit une amélioration des résultats déclarés dans le suivi des objectifs associés aux politiques publiques. Elle apporte un éclairage complémentaire sur la performance de l’action de l’État, au-delà des seuls montants de recettes et de dépenses.
Le budget 2025 était structuré autour de 153 programmes, déclinés en 492 actions et suivis à travers 1 143 indicateurs.
Ce dispositif permet de rapprocher l’utilisation des ressources publiques des objectifs fixés aux administrations. Il vise notamment à renforcer le suivi des résultats et la responsabilité des gestionnaires publics.
Le taux de réalisation des objectifs ne constitue toutefois pas, à lui seul, une mesure exhaustive de l’impact des politiques publiques sur les populations. L’évaluation de cet impact nécessite également d’examiner la qualité des services rendus, les résultats obtenus sur le terrain et les effets économiques et sociaux des dépenses engagées.
La Cour des comptes émet une déclaration générale de conformité
L’exécution du budget 2025 a également fait l’objet d’un examen par la Cour des comptes.
À l’issue de ses travaux, l’institution a émis une déclaration générale de conformité portant sur l’exécution budgétaire et la performance des programmes.
Cette étape contribue au contrôle des opérations financières de l’État et à la vérification de la conformité entre les documents budgétaires et les comptes présentés.
Le projet de loi de règlement doit désormais être soumis au Parlement pour adoption. Cette procédure constitue l’étape législative permettant de valider les résultats définitifs de l’exécution du budget 2025.
L’examen parlementaire permettra aux représentants nationaux d’étudier les résultats financiers de l’exercice et les performances des programmes publics avant l’adoption du texte.
Un excédent de trésorerie à replacer dans l’équilibre global des finances publiques
L’excédent de 369,1 milliards de FCFA constitue un résultat positif au regard de l’écart entre les ressources mobilisées et les dépenses exécutées. Il reflète notamment le dépassement des prévisions de recettes et une exécution des dépenses légèrement inférieure aux ressources disponibles.
Pour autant, cet indicateur ne doit pas être interprété isolément comme une preuve de l’absence de difficultés budgétaires ou d’endettement.
L’analyse de la situation financière de l’État nécessite également de prendre en compte le solde budgétaire global, les charges de la dette, les besoins de financement, les engagements restant à payer et les investissements publics réalisés.
La qualité de la gestion budgétaire dépend ainsi autant de la mobilisation des ressources que de leur affectation aux priorités économiques et sociales.
Avec 15 654,2 milliards de FCFA de ressources mobilisées et un taux moyen de réalisation des objectifs budgétaires de 92,3 %, la Côte d’Ivoire présente des résultats favorables pour l’exercice 2025. Le prochain enjeu sera de consolider cette performance, tout en garantissant la transparence de l’exécution budgétaire et l’efficacité des dépenses publiques.







