La Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale ont engagé des travaux pour identifier les projets du Plan national de développement (PND) 2026-2030 susceptibles de bénéficier des 17 milliards de dollars d’engagements annoncés en juillet 2026. Cette démarche vise à orienter les financements vers les programmes prioritaires du pays, notamment dans les secteurs structurants de son développement.
Les discussions ont été menées le vendredi 9 octobre 2026 à Abidjan, lors d’une audience accordée par le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, à Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale chargée de la Côte d’Ivoire, du Bénin, de la Guinée et du Togo.
Trois institutions mobilisées pour un engagement de 17 milliards de dollars
Les financements annoncés lors du Groupe consultatif des 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan proviennent de trois entités du Groupe de la Banque mondiale. La répartition communiquée se présente comme suit :
- la Banque mondiale pour le financement des projets de développement : 10 milliards $
- la Société financière internationale (IFC)pour le financement du secteur privé : 5 milliards $
- l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA)pour la couverture des risques liés aux investissements : 2 milliards $
La mobilisation de ces trois entités permet d’envisager plusieurs formes d’appui, allant du financement des projets publics au soutien à l’investissement privé, en passant par la couverture de certains risques.
Il reste toutefois à distinguer les engagements annoncés des financements effectivement affectés et décaissés. Les travaux engagés doivent notamment permettre de déterminer les opérations éligibles et les modalités de leur financement.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : 47 820 milliards FCFA promis au PND
Le PND 2026-2030 au cœur de la sélection des projets
Les investissements seront sélectionnés parmi les programmes stratégiques et structurants des six piliers du PND 2026-2030. L’objectif est de faire correspondre les concours financiers annoncés aux priorités de développement définies par les autorités ivoiriennes.
Cette phase d’identification est déterminante : elle doit permettre de préciser les projets concernés, leur niveau de préparation et les conditions de leur mise en œuvre. Le texte communiqué ne détaille toutefois ni la liste des opérations retenues ni le calendrier prévisionnel des financements.
Au-delà de la mobilisation des ressources, l’enjeu sera donc de transformer les engagements annoncés en investissements réalisables, avec des effets mesurables sur l’activité économique et les conditions de vie des populations.
Réduction des disparités régionales et diversification des financements
La rencontre du 9 octobre a également permis d’aborder plusieurs questions d’intérêt national, dont la réduction des disparités régionales, la modernisation du cadastre et la diversification des mécanismes de financement.
La réduction des écarts de développement entre les territoires constitue un enjeu important dans la répartition des investissements publics. La modernisation du cadastre peut, quant à elle, contribuer à améliorer la connaissance du patrimoine foncier et la gestion des informations relatives aux propriétés.
La diversification des financements vise enfin à élargir les ressources mobilisables pour accompagner les ambitions du PND. Les modalités concrètes de ces différents chantiers n’ont cependant pas été précisées dans le communiqué.
Un partenariat financier déjà important
La Banque mondiale demeure un partenaire historique de la Côte d’Ivoire. Au 30 juin 2026, son portefeuille dans le pays comptait 25 opérations en cours, pour un volume d’environ 7 milliards de dollars.
Les 17 milliards de dollars annoncés en juillet représentent ainsi une nouvelle perspective de mobilisation de ressources à l’appui du programme de développement ivoirien. Leur portée dépendra néanmoins de la structuration des opérations, des conditions de financement et de leur exécution.
Le ministre Souleymane Diarrassouba, gouverneur de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, participe par ailleurs aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, organisées du 12 au 18 octobre 2026 à Bangkok.
La Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale sont entrés dans une phase de préparation destinée à identifier les projets du PND 2026-2030 pouvant bénéficier des 17 milliards de dollars annoncés. La contribution combinée de la Banque mondiale, de l’IFC et de la MIGA ouvre plusieurs possibilités de financement et de couverture des risques.
La prochaine étape sera de préciser les opérations retenues, les instruments mobilisés et le calendrier de mise en œuvre. C’est à travers ces éléments que pourra être évaluée la traduction concrète des engagements financiers en investissements et en résultats économiques.







