La Banque mondiale a publié fin décembre 2025 la deuxième édition de son rapport Business Ready 2025 (B-Ready), nouveau référentiel destiné à évaluer le climat des affaires et de l’investissement à l’échelle mondiale. Succédant à l’ancien classement Doing Business, suspendu en 2021, ce rapport met en lumière les écarts persistants entre les besoins économiques des pays africains et la qualité de leur environnement des affaires.
Un nouvel outil d’évaluation plus large et plus inclusif
Le rapport B-Ready repose sur une méthodologie élargie, combinant des données de jure (lois et réglementations) et de facto (pratiques réellement observées). L’édition 2025 s’appuie sur des enquêtes menées auprès de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies à travers le monde.
Contrairement à Doing Business, le B-Ready ne se limite pas à la performance administrative des entreprises. Il intègre également des dimensions liées au bien-être des travailleurs, à la protection des consommateurs et à la qualité de l’environnement, offrant ainsi une lecture plus équilibrée du développement du secteur privé.
Dix domaines clés et trois piliers d’analyse
Le classement évalue le cycle de vie complet d’une entreprise à travers dix domaines : création d’entreprise, implantation, services d’utilité publique, emploi, services financiers, commerce international, fiscalité, règlement des litiges, marché et concurrence, et insolvabilité.
Ces domaines sont analysés selon trois piliers principaux :
- le cadre réglementaire, qui mesure la qualité des lois et règlements applicables aux entreprises ;
- la qualité des services publics, qui évalue l’efficacité des institutions, des infrastructures et des plateformes administratives ;
- l’efficacité opérationnelle, qui reflète l’expérience concrète des entreprises en termes de délais, de coûts et de procédures.
Chaque pays reçoit des scores allant de 0 à 100 pour chacun des piliers, agrégés ensuite pour établir le classement global.
Le Rwanda conserve la première place en Afrique
En Afrique, 29 pays ont été évalués en 2025, contre 15 lors de la première édition. Le Rwanda demeure en tête du classement continental avec un score global de 67,94 points. Le pays se distingue particulièrement par la solidité de son cadre réglementaire (72,54 points) et par son efficacité opérationnelle (71,47 points), malgré une performance plus modérée en matière de qualité des services publics (59,81 points).
Le Maroc se hisse à la deuxième place africaine avec 63,44 points, suivi de près par la République de Maurice (63,20 points). Le Togo complète le top 4 avec 61,52 points, confirmant la dynamique de réformes engagée ces dernières années.
Le Bénin et le Sénégal font une entrée remarquée dans le Top 10
Deux nouveaux pays se sont directement imposés parmi les dix meilleures économies africaines du classement. Le Bénin occupe la 5ᵉ place africaine avec un score global de 60,21 points, tandis que le Sénégal se classe 9ᵉ avec 56,05 points.
Parmi les pays déjà évalués lors de la première édition, la Côte d’Ivoire se maintient à la 10ᵉ place africaine avec un score de 54,43 points, illustrant une certaine stabilité du climat des affaires malgré des marges de progression importantes.
Un climat des affaires encore insuffisant face aux défis de l’emploi
Le rapport B-Ready 2025 souligne un constat préoccupant : les pays africains qui ont le plus besoin de créer des emplois, en particulier pour une population jeune et en forte croissance, sont souvent ceux qui affichent les performances les plus faibles en matière de climat des affaires.
L’Afrique subsaharienne concentre une grande partie des économies disposant d’une main-d’œuvre jeune, ce qui accroît les risques économiques et sociaux liés à un environnement des affaires peu attractif. Pour la Banque mondiale, l’amélioration durable du climat des affaires demeure ainsi un levier central pour stimuler l’investissement privé, soutenir la croissance et absorber l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail.









































