La République du Congo a fait un retour modeste sur le marché régional de la dette publique de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) la semaine du 09 au 13 septembre 2024, après avoir été signalée en défaut de paiement sur deux emprunts. Ce retour a été marqué par une souscription insuffisante, témoignant d’une certaine méfiance des investisseurs.
Performances des émissions de BTA
Le Trésor public congolais a lancé deux émissions de Bons du Trésor assimilables (BTA) par adjudication, pour des montants de 25 milliards FCFA et 10 milliards FCFA respectivement. Cependant, seuls 12,2 milliards FCFA ont été levés lors de la première émission, soit un taux de souscription de 48,8%, avec un rendement de 6,5% sur 13 semaines. La seconde émission, avec un objectif de 10 milliards FCFA sur 52 semaines, n’a permis de lever que 5,2 milliards FCFA, avec un rendement légèrement plus élevé de 6,8%.
Par ailleurs, les tentatives du Congo de mobiliser des montants additionnels par abondements ont également été mitigées. Une première tentative a rapporté 1,5 milliard FCFA sur les 5 milliards FCFA recherchés, tandis qu’une autre opération visant à lever 30 milliards FCFA s’est soldée par un échec.
Voir aussi : Après un défaut sur ses obligations, le Congo évoque un « dysfonctionnement technique »
Confiance des investisseurs affectée
Cette difficulté à mobiliser des fonds reflète la méfiance des investisseurs, exacerbée par deux incidents de paiement survenus les 27 et 29 août 2024. Le ministre des Finances, Jean Baptiste Ondaye, a attribué ces manquements à un dysfonctionnement technique plutôt qu’à une incapacité du pays à honorer ses engagements financiers. Avant ces émissions, le Congo a remboursé 34 milliards FCFA pour des titres arrivés à échéance, une action destinée à restaurer la confiance des marchés.
Position dominante du Congo sur le marché de la CEMAC
Malgré ces défis, le Congo reste le plus important émetteur de dette sur le marché des titres publics de la CEMAC. Au 31 mars 2024, le pays détenait un encours de 2 297 milliards FCFA, représentant 35% du portefeuille global de la zone.
Conclusion
Le retour du Congo sur le marché de la dette a été timide, principalement en raison de la méfiance des investisseurs après les incidents de paiement. Néanmoins, le gouvernement s’efforce de rétablir la confiance à travers le remboursement de ses engagements. La position dominante du Congo sur le marché de la CEMAC témoigne de son importance économique dans la région, bien que des efforts supplémentaires soient nécessaires pour regagner la confiance des investisseurs.







