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Actualité Économie Macroéconomie

CEMAC : les créances en souffrance reculent à 15,4 % des crédits

Manuel H. par Manuel H.
5 octobre 2026
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Une amélioration apparente de la qualité des crédits

Le taux de créances en souffrance dans les banques de la CEMAC a diminué de deux points en un an. Il s’est établi à 15,4 % des crédits bruts à fin juin 2026, contre 17,4 % à la même période de 2025, selon le rapport de politique monétaire publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) le 30 septembre.

Cette évolution traduit, en première lecture, une amélioration de la qualité du portefeuille de crédits des banques de la sous-région. Elle appelle toutefois une analyse plus nuancée.

En effet, la baisse du ratio ne signifie pas nécessairement que le montant nominal des créances en souffrance a diminué. Le ratio rapporte ces créances à l’ensemble des crédits bruts. Il peut donc reculer lorsque le volume des crédits augmente plus rapidement que celui des créances dégradées.

Le rapport cité ne précise pas, à fin juin 2026, le montant nominal des créances en souffrance.

Un ratio qui reste élevé

Les créances en souffrance regroupent plusieurs catégories de crédits présentant des difficultés de remboursement. Selon les définitions de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), elles comprennent notamment les créances immobilisées, les créances impayées et les créances douteuses.

Les créances immobilisées correspondent à des créances échues depuis plus de trois mois dont le recouvrement final, sans être compromis, ne peut être réalisé immédiatement. Les créances impayées sont des sommes qui n’ont pas été réglées à leur échéance normale. Quant aux créances douteuses, elles présentent un risque probable de non-recouvrement total ou partiel.

Ces différentes catégories nécessitent de la part des banques la constitution de provisions adaptées au niveau de risque.

À fin 2024, la Cobac évaluait déjà à 2 024 milliards de FCFA l’encours des créances en souffrance, soit 16,2 % des crédits bruts. Le niveau du ratio demeure donc un indicateur important pour apprécier la qualité des actifs du système bancaire de la CEMAC.

Lire aussi : CEMAC : 4,45 Mds$ de créances douteuses, la BEAC agit

Pourquoi les créances en souffrance restent sous surveillance

Une détérioration du portefeuille de crédits peut avoir plusieurs conséquences pour les établissements bancaires. Les provisions constituées pour couvrir les risques de non-recouvrement peuvent notamment peser sur leurs résultats.

Lorsque la dégradation devient importante, elle peut également affecter les fonds propres et les ratios prudentiels des banques.

La baisse du ratio observée à fin juin 2026 constitue donc un indicateur à suivre, mais son interprétation nécessite de regarder parallèlement l’évolution des crédits bruts, des créances dégradées et des provisions constituées.

Des facteurs structurels pèsent sur la qualité des portefeuilles

La BEAC identifie plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer les difficultés rencontrées dans la gestion du risque de crédit.

Sur le plan structurel, la Banque centrale relève notamment des insuffisances dans les dispositifs de gestion des risques. Elle souligne également que certains établissements peuvent accorder une place importante au développement commercial, au détriment d’une analyse suffisamment rigoureuse du risque de crédit.

Cette problématique est particulièrement importante dans un environnement où la croissance des crédits doit être accompagnée d’une évaluation adéquate de la capacité de remboursement des emprunteurs.

Les finances publiques constituent également un facteur de risque

La BEAC identifie également des facteurs conjoncturels, notamment la fragilisation des équilibres budgétaires des États et les ralentissements de l’activité économique.

L’accumulation d’arriérés de paiement publics peut notamment affecter les entreprises qui détiennent des créances sur l’État. Une dégradation de leur trésorerie peut ensuite réduire leur capacité à honorer leurs propres échéances bancaires.

Le risque peut ainsi se transmettre des finances publiques aux entreprises, puis au système bancaire à travers la qualité des crédits.

Une amélioration à confirmer dans la durée

Le passage de 17,4 % à 15,4 % constitue une évolution favorable du ratio de créances en souffrance. Mais, faute de données sur le montant nominal des créances à fin juin 2026 dans les éléments disponibles, il n’est pas possible d’en déduire à lui seul une diminution de l’encours des créances dégradées.

La trajectoire devra donc être suivie avec l’évolution du volume des crédits, des impayés, des provisions et des autres indicateurs de qualité des actifs.

Pour les banques de la CEMAC, l’enjeu reste ainsi double : soutenir le financement de l’économie tout en maintenant une gestion rigoureuse du risque de crédit.

Tags: Afrique CentraleCEMACCréances
Manuel H.

Manuel H.

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