CEMAC : Le Gabon, le Congo et le Cameroun concentrent près de 80 % des titres
L’encours des titres publics des six pays de la CEMAC a atteint un nouveau sommet à fin juillet 2026. Selon les dernières données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la dette souveraine mobilisée sur le marché régional s’est établie à 10 560,8 milliards de FCFA, en hausse de 3,34 % sur un mois.
Cette progression confirme la place croissante du marché des titres publics dans le financement des économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Les émissions souveraines permettent aux États de mobiliser des ressources auprès des banques et des investisseurs régionaux pour financer leurs dépenses et leurs projets.
Lire aussi : CEMAC : l’encours des titres publics atteint 10 560 milliards FCFA
Le Gabon parmi les principaux émetteurs de la CEMAC
Le Gabon figure parmi les principaux contributeurs à cet encours, aux côtés du Congo et du Cameroun. Ces trois économies concentrent à elles seules près de 80 % des titres publics en circulation dans la sous-région.
Avec un encours d’environ 3 221 milliards de FCFA, le Gabon représente à lui seul 30,5 % du total régional. Cette position traduit le recours important de Libreville au marché financier régional pour répondre à ses besoins de financement.
Les ressources mobilisées servent notamment à accompagner les investissements en infrastructures, à faire face aux engagements de l’État et à soutenir les priorités du programme de développement national.
Un recours qui dépasse désormais le marché régional
La stratégie de financement du Gabon ne repose toutefois pas uniquement sur le marché de la CEMAC. En juillet 2026, Libreville a effectué un retour sur les marchés internationaux avec une émission obligataire de 920 millions de dollars, soit environ 525,4 milliards de FCFA.
L’opération, réalisée sur une maturité de sept ans, a été assortie d’un coupon de 9,375 %. Si cet Eurobond permet au Gabon de diversifier ses sources de financement, son coût illustre également les conditions relativement exigeantes auxquelles les États africains peuvent être confrontés sur les marchés internationaux.
Cette stratégie pose donc la question de l’équilibre entre diversification des ressources et maîtrise du coût de la dette.
Le coût du financement reste un enjeu majeur
La pression ne concerne pas uniquement les emprunts souverains. Le coût du crédit bancaire reste également élevé au Gabon.
À fin 2025, le taux effectif global moyen des crédits bancaires s’établissait à 21,06 %, faisant du pays celui où le coût moyen du crédit était le plus élevé de la CEMAC.
Dans un tel environnement, l’augmentation de l’endettement public doit être accompagnée d’une attention particulière portée au coût des ressources mobilisées et à leur utilisation.
Transformer l’endettement en croissance
La progression de la dette souveraine régionale soulève finalement une question centrale : que produisent les ressources empruntées ?
Pour le Gabon comme pour les autres États de la CEMAC, l’enjeu n’est plus seulement de parvenir à mobiliser des capitaux. Il consiste à orienter ces ressources vers des investissements capables de générer suffisamment de valeur ajoutée, d’emplois et de recettes fiscales pour contribuer au remboursement de la dette.
Les infrastructures productives, l’énergie, les transports, l’industrialisation et les secteurs créateurs d’emplois apparaissent ainsi comme des domaines prioritaires pour maximiser l’impact économique des financements.
À 10 560,8 milliards de FCFA, l’encours des titres publics de la CEMAC témoigne de la profondeur croissante du marché régional. Mais cette dynamique impose également davantage de discipline dans la sélection des projets financés. Pour les États, la question n’est désormais plus uniquement de savoir combien emprunter, mais surtout de démontrer que chaque financement mobilisé contribue à créer suffisamment de richesse pour en assurer durablement le remboursement.







