Le groupe nigérian Unicem Cement envisage l’implantation d’une nouvelle cimenterie à Sikoum, dans la ville de Douala, renforçant ainsi l’intérêt des grands acteurs régionaux pour le marché camerounais du ciment. Le projet, encore à l’étape préparatoire, s’inscrit dans une dynamique d’expansion industrielle en Afrique centrale.
Des consultations publiques préalables au projet
L’initiative a été rendue publique par un communiqué du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (Minepded). Le ministère annonce l’organisation d’audiences publiques dans le cadre de l’étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet.
Ces consultations, prévues du 22 au 27 décembre 2025, visent à recueillir les avis et observations des populations locales, des autorités et des parties prenantes concernées, à la suite de la présentation des rapports techniques exigés avant tout démarrage des travaux.
Un projet porté par un acteur majeur du ciment
Unicem Cement Cameroon est la filiale locale de United Cement Company of Nigeria Limited (Unicem), classé comme le troisième producteur de ciment au Nigeria. L’entreprise est détenue à 100 % par Lafarge Africa, elle-même filiale du groupe Lafarge, associé au géant suisse Holcim au sein de LafargeHolcim.
Cette structure capitalistique confère au projet une dimension stratégique régionale, en cohérence avec la politique d’expansion de l’un des principaux groupes cimentiers opérant en Afrique de l’Ouest et centrale.
Une capacité encore inconnue, mais un savoir-faire éprouvé
Les caractéristiques techniques de la future cimenterie de Douala, notamment sa capacité de production, n’ont pas encore été officiellement communiquées. Toutefois, Unicem exploite déjà une cimenterie intégrée à Calabar, dans l’État de Cross River au Nigeria, avec une capacité annuelle d’environ 5 millions de tonnes.
L’implantation envisagée au Cameroun s’inscrirait ainsi dans une logique de diversification géographique et de conquête de nouveaux marchés, portée par la croissance de la demande en matériaux de construction dans la sous-région.
Un marché camerounais déjà très concurrentiel
Si le projet aboutit, Lafarge Africa renforcerait davantage sa présence industrielle au Cameroun. Le groupe Lafarge, en partenariat avec Holcim, détient déjà 50 % du capital des Cimenteries du Cameroun (Cimencam), acteur historique et leader du secteur.
Cimencam dispose d’une capacité installée estimée à 2,5 millions de tonnes par an, appuyée par :
- une station de broyage et une usine de mortiers à Bonabéri,
- une station de broyage à Nomayos,
- une cimenterie intégrée à Figuil, dans la région du Nord.
L’arrivée potentielle d’Unicem Cement à Douala pourrait ainsi intensifier la concurrence, avec des effets attendus sur les capacités de production, les prix et l’offre locale.
Entre opportunités économiques et enjeux environnementaux
Au-delà des perspectives industrielles et économiques, le projet soulève des enjeux environnementaux et sociaux majeurs, qui justifient la phase de consultations publiques en cours. Leur issue sera déterminante pour l’acceptabilité locale du projet et son calendrier de mise en œuvre.
Si toutes les autorisations sont obtenues, cette future cimenterie pourrait renforcer la capacité industrielle du Cameroun, tout en confirmant son attractivité pour les investissements lourds dans le secteur des matériaux de construction.









































