Cameroun : la facture des importations alimentaires baisse de 11 milliards FCFA
Le Cameroun enregistre un premier signal encourageant dans sa politique de réduction de la dépendance alimentaire extérieure. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les importations de produits alimentaires sont passées de 65 milliards à 54 milliards FCFA au premier trimestre 2026, soit une baisse de 17 % sur un an.
En valeur, cette évolution représente une économie de 11 milliards FCFA en seulement trois mois. Le recul est principalement attribué à la diminution des importations de riz et de maïs, deux produits qui occupent une place importante dans la facture alimentaire du pays.
Le riz et le maïs au cœur de la baisse
La diminution des achats à l’étranger intervient alors que les autorités camerounaises cherchent à renforcer la production nationale et à réduire progressivement les importations de produits alimentaires.
Le riz et le maïs constituent à cet égard des filières stratégiques. Leur poids dans les approvisionnements alimentaires du pays en fait des secteurs prioritaires pour la politique de substitution aux importations.
Le recul enregistré au premier trimestre pourrait ainsi traduire les premiers effets des efforts engagés pour développer l’offre locale.
Le gouvernement mise sur la production locale
Pour réduire la dépendance aux marchés extérieurs, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs mesures destinées à soutenir les filières agricoles nationales.
Elles comprennent notamment des subventions aux intrants, l’accompagnement des producteurs, le développement d’aménagements hydro-agricoles et des incitations destinées aux entreprises de transformation.
L’objectif est double : augmenter la production nationale pour répondre à la demande intérieure et limiter la sortie de devises liée aux importations alimentaires.
Cette stratégie prend une importance particulière dans un contexte marqué par les fluctuations des prix internationaux des produits agricoles et les contraintes pesant sur les équilibres extérieurs.
Jusqu’à 40 milliards FCFA d’économies sur l’année ?
Si la tendance observée au premier trimestre se maintient sur les prochains mois, les économies pourraient devenir significatives à l’échelle de l’année.
Sur la base du rythme enregistré au début de 2026, la baisse pourrait représenter plus de 40 milliards FCFA d’importations alimentaires évitées sur une année.
Une telle économie offrirait des marges supplémentaires pour financer d’autres priorités du secteur agricole, notamment les infrastructures, le stockage, l’irrigation et la transformation locale.
Il convient toutefois de considérer cette projection avec prudence : elle suppose que la baisse observée au premier trimestre se poursuive au même rythme durant le reste de l’année.
La production locale doit encore gagner en compétitivité
La réduction des importations ne signifie pas pour autant que la dépendance alimentaire du Cameroun est résolue.
La production nationale doit encore progresser en volume, en régularité et en compétitivité afin de répondre à la demande tout au long de l’année, notamment durant les périodes de soudure.
Plusieurs contraintes restent à résoudre, parmi lesquelles l’accès aux financements, les infrastructures de stockage, la logistique et les capacités de transformation.
L’amélioration de ces différents maillons sera déterminante pour transformer durablement la baisse des importations en une véritable montée en puissance des filières agricoles camerounaises.
Un premier résultat pour la stratégie de souveraineté alimentaire
Avec 11 milliards FCFA d’économies au premier trimestre 2026, la baisse de la facture alimentaire constitue néanmoins un signal favorable pour la stratégie de souveraineté alimentaire du Cameroun.
La performance devra désormais être confirmée dans la durée. L’enjeu ne consiste plus seulement à importer moins, mais à produire suffisamment et de manière compétitive pour répondre durablement aux besoins du marché intérieur.
Le recul des importations de riz et de maïs montre en tout cas que la politique de promotion de la production locale commence à se traduire dans les échanges extérieurs. La prochaine étape sera de consolider cette dynamique en renforçant l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.







