Au 30 juin 2024, le Cameroun a enregistré une hausse significative des dépôts bancaires, atteignant près de 8 000 milliards FCFA, selon le Comité national économique et financier (CNEF). Cette augmentation de 2,6 % en six mois reflète la vitalité du secteur bancaire camerounais, bien que les comptes courants continuent de dominer l’épargne, représentant plus de 82 % de l’encours total.
Les comptes à vue, non rémunérés, captent la majorité des liquidités avec 82,64 % de l’encours global, tandis que les dépôts à terme (DAT) ne représentent que 11,7 %. Les dépôts à régimes spéciaux, incluant bons de caisse et certificats de dépôt, ne pèsent que 5,66 %. Cette situation souligne les défis du système bancaire camerounais, notamment le manque de ressources pour financer des projets à long terme, ainsi que le besoin d’adapter les produits d’épargne aux attentes des clients.
L’analyse montre que 48,36 % de l’encours des dépôts est concentré à Douala, la capitale économique, suivie de Yaoundé avec 36,04 %. Kribi, une ville en pleine expansion industrielle, voit sa part de marché croître rapidement, passant de 0,5 % à 3,30 % en moins de deux ans, grâce à l’ouverture de nouvelles agences bancaires. Cependant, cette concentration urbaine révèle des disparités en matière d’inclusion financière, les zones rurales restant peu desservies.
Afriland First Bank, dirigée par Paul Fokam Kammogne, domine le marché des dépôts avec 1 507 milliards FCFA, soit une part de 19 %. Elle est suivie par Société Générale Cameroun, qui détient 13,62 % du marché, et Banque Atlantique Cameroun, qui occupe la troisième place avec 848 milliards FCFA, représentant 10,70 % de l’encours total. Ces trois banques confirment leur rôle central dans le système bancaire camerounais.
L’évolution des dépôts bancaires au Cameroun reflète la croissance économique du pays, bien que la structure des dépôts et l’inclusion financière restent des enjeux majeurs à relever. Afriland First Bank continue de dominer le marché, mais des efforts sont nécessaires pour diversifier les offres d’épargne et mieux répondre aux besoins des clients sur l’ensemble du territoire national.







