Alios Finance : la SFI vise 6,9 milliards FCFA
La Société financière internationale (SFI) envisage de souscrire jusqu’à 12 millions de dollars, soit environ 6,9 milliards de FCFA, à l’emprunt obligataire de 13 milliards de FCFA lancé par Alios Finance Cameroun sur le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Si cette participation est approuvée, l’institution du Groupe de la Banque mondiale pourrait couvrir près de 53 % du montant recherché par l’établissement spécialisé dans le crédit-bail.
Cette opération reste toutefois conditionnée à l’approbation du conseil d’administration de la SFI. La tranche exacte sur laquelle l’institution pourrait intervenir n’a, par ailleurs, pas encore été précisée.
Les informations figurent dans le document de présentation de l’émission, présenté le 29 juillet 2026 à Douala aux investisseurs potentiels. La période de souscription court jusqu’au 7 août 2026 et porte sur 1,3 million d’obligations, d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune.
La SFI pourrait sécuriser plus de la moitié de l’émission
Si la SFI valide sa participation à hauteur de 12 millions de dollars, environ 6,1 milliards de FCFA resteraient à mobiliser auprès des autres investisseurs.
Au-delà de son montant, cette éventuelle souscription pourrait jouer un rôle important dans la réussite de l’opération. La présence d’une institution multilatérale comme la SFI serait susceptible de servir d’investissement d’ancrage, en renforçant la crédibilité de l’émission auprès des investisseurs institutionnels et privés.
Il convient toutefois de distinguer cette participation potentielle d’une garantie de l’emprunt. Une souscription de la SFI ne constituerait pas une garantie de remboursement pour les autres détenteurs de titres et ne couvrirait pas les risques associés à l’investissement obligataire.
L’opération s’inscrit plutôt dans la stratégie de la SFI visant à soutenir le financement du secteur privé, à favoriser la mobilisation de ressources en monnaie locale et à contribuer au développement des marchés de capitaux africains.
Le crédit-bail comme alternative au financement bancaire
La SFI considère le modèle d’Alios Finance comme une solution complémentaire au crédit bancaire traditionnel, particulièrement pour les entreprises ayant besoin d’acquérir des équipements productifs.
Le crédit-bail permet aux entreprises de financer des actifs tels que des machines, des véhicules ou des équipements professionnels, avec des modalités de remboursement pouvant être adaptées à leur cycle d’activité.
Pour Ange Claver Kouassi, responsable pays principal de la SFI pour le Cameroun et la République centrafricaine, ce modèle peut contribuer à répondre aux difficultés d’accès des PME aux financements de moyen et long termes.
Dans cette perspective, la mobilisation de ressources en FCFA sur le marché régional permettrait à Alios Finance d’accroître sa capacité à accompagner les investissements productifs des entreprises camerounaises.
Des taux plus élevés qu’en 2025
L’emprunt obligataire est structuré en deux tranches, avec des maturités et des rémunérations différentes.
Les taux proposés sont supérieurs à ceux de l’émission réalisée par Alios Finance en 2025. L’établissement proposait alors un coupon de 6 % sur trois ans et de 7 % sur cinq ans.
Le rendement offert augmente donc de 60 points de base sur la tranche à trois ans et de 20 points de base sur celle à cinq ans.
Pour Alios Finance, ce relèvement représente un coût de financement plus important. Pour les investisseurs, il améliore en revanche l’attractivité des titres dans un contexte où les émetteurs privés doivent proposer des conditions compétitives pour mobiliser l’épargne disponible sur le marché régional.
Ernest Pouhe, directeur général d’Attijari Securities Central Africa, chef de file des arrangeurs, estime pour sa part que le marché financier régional dispose désormais d’une capacité accrue pour mobiliser des ressources importantes au profit d’émetteurs privés de référence.
Alios Finance vise jusqu’à 22 milliards FCFA par an
Cette nouvelle émission intervient environ un an après la précédente opération d’Alios Finance Cameroun. En 2025, l’établissement avait mobilisé 9,002 milliards de FCFA sur les 10 milliards initialement recherchés, soit un taux de réalisation d’environ 90 %.
La participation envisagée de la SFI pourrait cette fois faciliter l’atteinte du montant cible de 13 milliards de FCFA. Le succès définitif de l’opération dépendra néanmoins de l’approbation de l’investissement par l’institution financière internationale et de la demande des autres investisseurs à la clôture des souscriptions.
Selon Olivier Baman, directeur général d’Alios Finance Cameroun, l’émission s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mobiliser 15 à 22 milliards de FCFA de ressources nouvelles par an. L’objectif est de soutenir une croissance annuelle de l’activité estimée à environ 10 %.
Des fonds destinés aux équipements des entreprises
Les ressources mobilisées seront principalement consacrées au financement de l’acquisition d’engins et d’équipements productifs par les entreprises clientes d’Alios Finance.
Les secteurs ciblés comprennent notamment :
- le commerce ;
- l’industrie ;
- le bâtiment et les travaux publics (BTP).
L’enjeu dépasse ainsi le seul financement de l’établissement. En renforçant les ressources disponibles pour le crédit-bail, l’opération pourrait contribuer au financement des capacités productives des entreprises camerounaises.
La décision du conseil d’administration de la SFI constituera toutefois la prochaine étape déterminante. En cas d’approbation, son intervention pourrait sécuriser une part substantielle de l’émission et donner un signal positif aux autres investisseurs appelés à compléter les 13 milliards de FCFA recherchés par Alios Finance Cameroun.







