Canyon Resources, une société minière australienne, a obtenu une licence d’exploitation pour le gisement de bauxite de Minim-Martap, situé dans la région nord du Cameroun. Cette autorisation, signée par le président Paul Biya le 2 septembre 2024, a été officiellement remise à la société le 13 septembre lors d’une cérémonie officielle.
Selon Canyon Resources, l’exploitation de cette mine permettra l’extraction et l’exportation de bauxite et d’alumine pour une durée initiale de 20 ans, renouvelable par périodes de 10 ans. Les travaux de développement doivent commencer dans les deux prochaines années, avec une production annuelle prévue de 6,4 millions de tonnes de bauxite à partir de 2030.
Un investissement de 5 milliards USD
Pour développer ce gisement, Canyon Resources a annoncé un investissement colossal de 5 milliards USD (environ 3 000 milliards FCFA), selon le ministre camerounais des Mines, Fuh Calistus Gentry. Cet investissement couvrira l’intégralité de la période d’exploitation de la mine. En contrepartie, l’État camerounais, qui détient 10% de la filiale locale de Canyon, Camalco SA, recevra 5% de la production annuelle ainsi que divers fonds alloués au développement du secteur minier.
Impact local et retombées économiques
Outre les retombées directes pour l’État, Canyon Resources s’engage à allouer 1% de la valeur du minerai extrait au fonds de développement du secteur minier, et une proportion similaire sera versée au compte spécial pour le développement des capacités locales. De plus, un fonds de 7 milliards FCFA par an sera réservé pour la restauration du site minier. La société a également annoncé qu’elle mettra 10% de son capital à la disposition des Camerounais.
Le gisement de Minim-Martap, selon les dernières estimations de la compagnie, contient des réserves prouvées de 108,91 millions de tonnes de bauxite, avec une teneur moyenne de 51,1% d’alumine.
Un secteur minier en pleine expansion
La délivrance de cette licence est la troisième du genre en deux ans, confirmant l’engagement du Cameroun à monétiser ses ressources minières alors que les recettes pétrolières déclinent. Malgré le potentiel du secteur minier, son exploitation reste dominée par l’artisanat, ne représentant qu’une infime part du PIB du pays, soit moins de 1%.







