La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, envisage de relever le prix d’achat bord champ du cacao pour la campagne 2024/2025, avec des projections situant le prix du kilogramme entre 1 850 FCFA et 2 000 FCFA, selon des informations de Bloomberg. Cette hausse intervient dans un contexte de prix internationaux élevés et s’inscrit dans la continuité de l’augmentation des prix observée au Ghana, autre grand producteur de cacao en Afrique de l’Ouest.
Contexte des prix du cacao
Lors de la dernière campagne, le prix d’ouverture en Côte d’Ivoire était fixé à 1 000 FCFA par kilogramme, avant d’atteindre 1 500 FCFA pour la campagne intermédiaire débutée en avril. Cette hausse était motivée par la flambée des cours du cacao sur le marché mondial.
En comparaison, le Ghana a récemment ouvert sa nouvelle campagne 2024/2025 avec un prix d’achat de 48 cédis (environ 1 800 FCFA), en augmentation de 45% par rapport à la campagne précédente et de 129% par rapport à la campagne principale de l’année dernière.
Voir aussi : Côte d’Ivoire : Bilan de la Campagne de Commercialisation du Café-Cacao 2024-2025 à Yamoussoukro
Les risques pour la coopération cacaoyère avec le Ghana
L’augmentation des prix en Côte d’Ivoire pourrait cependant poser un défi pour le Ghana, en raison de la contrebande. Des prix plus élevés chez le voisin ivoirien risquent d’accentuer la fuite de cacao vers d’autres pays, comme le Togo, où les prix officiels du cacao sont nettement plus compétitifs. Le Ghana estime avoir perdu 160 000 tonnes de cacao au cours de la dernière campagne, une perte en grande partie attribuée à des prix d’achat jugés trop bas.
En avril dernier, par exemple, le prix du cacao au Togo s’établissait à environ 4 000 FCFA, soit bien au-dessus du prix officiel ghanéen de 33,1 cédis (environ 1 500 FCFA). Cette situation crée un environnement difficile pour le Ghana, malgré ses efforts pour harmoniser les politiques cacaoyères avec la Côte d’Ivoire.
Impact économique et perspectives
Une telle décision de la Côte d’Ivoire pourrait favoriser les producteurs locaux en augmentant leurs revenus, tout en renforçant la compétitivité du pays sur le marché international du cacao. Toutefois, cela pourrait également aggraver les tensions régionales autour de la contrebande et compliquer la coopération avec le Ghana.







