Le Burkina Faso modernise la gestion de son cheptel grâce à une nouvelle plateforme numérique dédiée à l’identification et au suivi des animaux. Cette innovation, dévoilée lors d’un atelier de concertation organisé les 22 et 23 juillet 2025, marque une étape importante dans la lutte contre les conflits liés à l’élevage et dans la sécurisation des activités pastorales.
Une plateforme pour prévenir les litiges et les pertes
Présidée par le Lieutenant-Colonel Kitri Stéphane Sessouma, conseiller au ministère de l’Agriculture, la rencontre a réuni les acteurs impliqués dans le secteur de l’élevage. L’objectif : présenter le fonctionnement de la plateforme digitale et discuter de son opérationnalisation sur le terrain. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet de digitalisation de l’identification et de la mobilité des animaux au Burkina Faso (PRODIMA), lancé officiellement le 1er août 2024.
Ce dispositif numérique permet d’attribuer à chaque ruminant une identité unique via une puce appelée « bolus », insérée dans sa panse. Grâce à un scanneur, les agents peuvent lire les informations concernant le propriétaire, la provenance de l’animal ou encore sa description physique. Ce système vise à remplacer les méthodes traditionnelles de marquage, souvent imprécises et vulnérables.
Sécurité, traçabilité et modernisation
Selon Ardiouma Sirima, directeur du Centre de promotion de l’aviculture et de la multiplication des animaux performants (CPAMAP), cette innovation est essentielle pour garantir la traçabilité du bétail, prévenir les vols, limiter les pertes et sécuriser les transactions commerciales. Même en cas d’abattage, les informations contenues dans la puce peuvent être utilisées pour retrouver l’origine de l’animal, ce qui facilite la résolution des litiges.
Les éleveurs bénéficieront également d’un accès simplifié à la plateforme, afin de renforcer leur implication dans le processus. À terme, cette solution permettra aux autorités d’avoir une vision claire de la mobilité et de la répartition du cheptel sur le territoire, facilitant ainsi la planification d’infrastructures et de politiques pastorales adaptées.
Un projet ambitieux soutenu par des partenaires stratégiques
Le projet PRODIMA, coordonné par le CPAMAP, bénéficie du soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers. Il s’agit notamment du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS 2-BF), du Projet de résilience et de compétitivité de l’élevage (PRECEL), ainsi que de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à travers son programme RAF 5092.
Avec une durée prévue de cinq ans et un budget global de plus de 12 milliards de FCFA, ce programme pilote entend transformer durablement le secteur de l’élevage au Burkina Faso.










































