Le Burkina Faso consolide sa présence stratégique dans le projet aurifère de Kiaka
Le Burkina Faso franchit un cap important dans sa politique de souveraineté minière. Le gouvernement a autorisé l’acquisition de 25 % supplémentaires dans la mine d’or de Kiaka, une opération estimée à 70 milliards de francs CFA (environ 175 millions de dollars).
Cette décision, officialisée par décret et confirmée par West African Resources Limited (WAF), opérateur du projet, marque une volonté claire des autorités burkinabè de renforcer leur emprise sur les ressources extractives stratégiques du pays.
Une montée significative de la participation de l’État
L’opération sera conduite par la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB), bras financier de l’État dans le secteur minier. Cette prise de participation additionnelle devrait porter la part totale de l’État à environ 40 % du capital de Kiaka SA, contre 15 % auparavant.
Ce repositionnement traduit une stratégie de long terme visant à accroître les retombées économiques locales des projets miniers, dans un contexte où l’or constitue l’un des piliers de l’économie nationale.
Une opération inscrite dans une dynamique de réformes minières
Cette acquisition s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par les autorités burkinabè depuis plusieurs mois pour mieux encadrer le secteur extractif. Dès février 2026, le Conseil des ministres avait amorcé une réflexion sur l’augmentation de la participation publique dans les projets miniers.
L’objectif est double :
• renforcer la souveraineté économique
• capter une plus grande part des revenus générés par l’exploitation aurifère
Un partenariat maintenu avec l’opérateur international
Malgré cette montée en puissance de l’État, West African Resources Limited reste un partenaire clé du projet. L’entreprise australienne a indiqué travailler étroitement avec la SOPAMIB pour finaliser les modalités de la transaction d’ici fin 2026.
Selon son directeur général, Richard Hyde, cette évolution permet de clarifier la structure actionnariale et de lever les incertitudes entourant le projet. Les fonds issus de cette cession devraient par ailleurs être redistribués aux actionnaires sous forme de dividende exceptionnel.
Kiaka, un gisement stratégique pour l’économie burkinabè
Situé dans la commune de Gogo, dans la région du Nazinon, le projet de Kiaka s’étend sur plus de 54 km² et figure parmi les gisements aurifères les plus prometteurs du pays.
Dans un contexte de hausse des prix de l’or et de concurrence accrue entre États pour maximiser les retombées minières, cette opération positionne le Burkina Faso dans une logique similaire à celle observée dans plusieurs pays africains, où les gouvernements cherchent à accroître leur participation dans les projets extractifs.
Vers une plus grande souveraineté minière en Afrique
Au-delà du cas burkinabè, cette décision reflète une tendance de fond sur le continent : la montée en puissance des États dans la gouvernance des ressources naturelles. De plus en plus de pays africains réévaluent leurs partenariats avec les multinationales pour garantir une meilleure redistribution des richesses.
En renforçant sa présence dans la mine de Kiaka, le Burkina Faso envoie un signal fort : celui d’une volonté affirmée de maîtriser davantage ses ressources stratégiques et d’en faire un levier de développement économique durable.







