Une nouvelle étape pour l’« Emprunt Patriote »
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de l’épargne. Les deux emprunts obligataires baptisés « Emprunt Patriote », destinés notamment à mobiliser l’épargne de la diaspora, ont été officiellement admis à la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
La première cotation de ces titres souverains s’est tenue à Abidjan en présence de plusieurs responsables du marché financier régional et du Trésor burkinabè. Cette admission intervient quelques mois après le lancement de l’opération, qui avait permis au Burkina Faso de lever 151,5 milliards de FCFA, largement au-dessus de son objectif initial.
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Deux obligations souveraines cotées à la BRVM
L’opération porte sur deux titres obligataires souverains, avec des maturités et des taux d’intérêt différents.
Le premier emprunt affiche une maturité de cinq ans, avec un taux d’intérêt de 6,75 % et une échéance prévue en 2031.
Le second présente une maturité de sept ans, assortie d’un taux de 6,85 %, pour une échéance en 2033.
Les deux titres sont désormais négociables sur le compartiment obligataire de la BRVM, donnant ainsi une nouvelle possibilité aux investisseurs ayant participé à l’opération.
151,5 milliards FCFA mobilisés, contre 125 milliards recherchés
Lancée le 6 mai 2026, l’opération avait pour objectif initial de mobiliser 125 milliards de FCFA.
À sa clôture, le 6 juin, le montant des souscriptions atteignait finalement 151,5 milliards de FCFA, soit un taux de couverture supérieur à 121 %.
Cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt suscité par l’opération auprès des investisseurs burkinabè et internationaux, mais aussi de la capacité du marché régional à accompagner les besoins de financement des États.
L’opération avait été ouverte aux personnes physiques et morales, résidentes ou non résidentes, permettant notamment à la diaspora burkinabè de participer directement au financement de l’économie nationale.
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Une cotation qui ouvre le marché secondaire
L’admission à la cote de la BRVM apporte une évolution importante pour les détenteurs de ces obligations.
Les investisseurs ayant souscrit aux « Diaspora Bonds » peuvent désormais céder leurs titres sur le marché secondaire, tandis que de nouveaux investisseurs peuvent les acquérir directement sur la BRVM.
Cette possibilité renforce la liquidité des obligations et permet aux investisseurs de ne pas nécessairement attendre leur échéance pour récupérer leur mise.
Pour le marché financier régional, cette opération contribue également à approfondir le compartiment obligataire et à diversifier les instruments disponibles pour les investisseurs.
La diaspora, une source de financement à mieux exploiter
Pour Edoh Kossi AMENOUNVE, directeur général de la BRVM, l’expérience burkinabè illustre le potentiel que représente l’épargne de la diaspora africaine.
Avec 151,5 milliards de FCFA mobilisés, le Burkina Faso démontre, selon lui, qu’une diaspora correctement informée et accompagnée peut devenir une véritable force économique et financière pour son pays.
L’enjeu dépasse ainsi le seul cas burkinabè. Les transferts financiers de la diaspora vers l’Afrique représentent des montants considérables. Une partie de cette épargne pourrait être davantage orientée vers l’investissement productif, notamment à travers les marchés financiers africains.
La BRVM souhaite ainsi faciliter l’accès des membres de la diaspora aux marchés financiers grâce notamment à des solutions numériques permettant d’ouvrir un compte-titres, de suivre ses investissements et d’accéder aux informations financières à distance.
Le Trésor burkinabè met en avant la confiance des investisseurs
Du côté du Burkina Faso, Patindé Jean Yves Belem, directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, a souligné l’importance de la confiance des investisseurs dans le succès de l’opération.
Le responsable a notamment présenté la réussite de l’« Emprunt Patriote » comme le résultat de la confiance accordée au pays sur le marché financier régional.
Cette confiance intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour les finances publiques, marqué par les défis sécuritaires, économiques et géopolitiques auxquels le Burkina Faso est confronté.
Une opération portée par les acteurs du marché financier
La réussite de l’opération repose également sur la mobilisation des intermédiaires financiers.
Alexis Lourgo, directeur général de la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF), chef de file de l’opération, a salué la participation des investisseurs burkinabè et non burkinabè, résidents et non résidents.
Le responsable estime que cette mobilisation traduit la volonté des investisseurs de participer directement au financement endogène de l’économie burkinabè.
La BRVM poursuit son développement
La cotation des « Diaspora Bonds » intervient alors que la BRVM poursuit son développement et cherche à accroître la profondeur de son marché obligataire.
En 2025, l’indice BRVM Composite avait progressé de 25,26 %, tandis que la capitalisation globale du marché atteignait 24 781,3 milliards de FCFA.
En 2026, le compartiment obligataire continue également de prendre de l’ampleur, renforçant progressivement son rôle dans le financement des économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
Le Burkina Faso veut poursuivre la mobilisation de l’épargne
Avec la cotation de ses « Diaspora Bonds », le Burkina Faso dispose désormais d’un instrument supplémentaire pour attirer l’épargne des investisseurs et financer ses priorités de développement.
Au-delà des 151,5 milliards de FCFA déjà mobilisés, l’expérience pourrait servir de référence à d’autres États de la région souhaitant exploiter davantage le potentiel financier de leurs diasporas.
Pour le Burkina Faso comme pour la BRVM, le défi sera désormais de transformer cet intérêt en investissements réguliers et durables, capables de contribuer au financement des projets inscrits dans le plan national de développement « RELANCE ».







