Burkina Faso : le FMI renforce son soutien financier avec un nouveau programme de résilience jusqu’en 2027
Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la quatrième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Burkina Faso, ouvrant la voie à un décaissement immédiat d’environ 33,2 millions de dollars. Dans la foulée, l’institution a approuvé un nouvel accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant d’environ 124,3 millions de dollars, valable jusqu’en septembre 2027.
Cette double décision confirme la confiance du FMI dans la trajectoire économique du pays, malgré un contexte marqué par l’insécurité, la pauvreté persistante et les chocs climatiques.
Un nouveau décaissement pour soutenir la stabilité macroéconomique
L’achèvement de la quatrième revue de l’accord FEC — programme de 48 mois approuvé en septembre 2023 — permet un décaissement immédiat de 24,08 millions de DTS (environ 33,2 millions de dollars). Le soutien total accordé à ce jour par le FMI au titre de cet accord atteint ainsi près de 165,8 millions de dollars.
Ce financement vise à consolider la stabilité macroéconomique, renforcer la gouvernance budgétaire et soutenir les réformes structurelles engagées par les autorités burkinabè.
Un nouvel accord pour renforcer la résilience climatique
Au-delà du soutien budgétaire classique, le FMI a validé un accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant de 90,3 millions de DTS (environ 124,3 millions de dollars). Ce programme s’étendra jusqu’au 20 septembre 2027.
Les priorités de la FRD sont stratégiques :
- Renforcement de la résilience budgétaire face aux chocs externes
- Intégration des enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques
- Amélioration de la performance des entreprises publiques exposées aux risques climatiques
- Mobilisation accrue de financements verts
Dans un pays où l’agriculture de subsistance assure la sécurité alimentaire de près de 80 % de la population, l’adaptation aux aléas climatiques constitue un enjeu central de stabilité économique et sociale.
Des perspectives économiques encourageantes pour 2026–2028
Malgré un environnement sécuritaire fragile, les perspectives macroéconomiques restent favorables.
La croissance du PIB réel a atteint 5,0 % en 2025, contre 4,8 % en 2024, portée par :
- La hausse des cours de l’or
- Le dynamisme de l’exploitation minière artisanale
- Les réformes engagées dans le secteur minier
- Les investissements dans l’agriculture
À moyen terme, la croissance devrait se maintenir entre 4,5 % et 5,0 %, sous réserve d’une amélioration progressive de la situation sécuritaire.
L’inflation, quant à elle, a ralenti à -0,5 % en 2025 grâce à la baisse des prix des denrées alimentaires et devrait converger vers 2 % à moyen terme.
Un secteur extérieur renforcé grâce à l’or
La flambée des prix de l’or améliore nettement les comptes extérieurs. Le déficit courant, estimé à 3,4 % du PIB en 2024, devrait se transformer en excédent de 1,1 % en 2025 et de 0,8 % en 2026.
Si l’augmentation de la production aurifère entraînera une hausse des importations d’équipements, les importations énergétiques devraient rester contenues, contribuant à la stabilité de la balance des paiements.
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Assainissement budgétaire et discipline financière
L’assainissement budgétaire est jugé « en bonne voie ». Le déficit budgétaire de 2025 est resté bien en dessous de l’objectif de 4 % du PIB, marquant un resserrement de 2,3 points de PIB par rapport à 2024.
Cette performance repose sur :
- Une forte mobilisation des recettes, notamment issues du secteur aurifère
- La maîtrise de la masse salariale
- Une gestion prudente des dépenses d’investissement
Des réformes structurelles globalement satisfaisantes
Les résultats du programme appuyé par la FEC sont jugés satisfaisants :
- Tous les critères quantitatifs à fin juin 2025 ont été atteints
- Un seul objectif indicatif a été manqué de moins de 0,1 % du PIB
- Huit repères structurels sur dix ont été réalisés
Les autorités ont également mis en œuvre des mesures correctives concernant la gouvernance, avec six recommandations prioritaires déjà appliquées.
À l’issue de la réunion, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI, a salué la résilience de l’économie burkinabè et la solidité des réformes engagées, tout en soulignant l’importance de préserver les dépenses sociales en santé, éducation et protection sociale.
Une stratégie axée sur la gouvernance et le secteur privé
Le programme soutenu par le FMI met l’accent sur :
- Le renforcement de la gouvernance budgétaire
- L’audit des ministères selon une approche fondée sur le risque
- L’amélioration de la transparence dans l’octroi des licences minières
- La promotion d’un environnement favorable au secteur privé
L’objectif affiché est clair : consolider la stabilité macroéconomique tout en posant les bases d’une croissance inclusive et durable.







