Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation des infrastructures urbaines. À l’occasion de son exposé sur la situation de la Nation devant l’Assemblée législative de Transition (ALT), le 30 janvier 2026, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a annoncé le lancement d’études de préfaisabilité en vue de l’implantation d’un système de métro à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Cette annonce s’inscrit dans une dynamique visant à promouvoir la souveraineté économique et à renforcer le désenclavement des principaux pôles urbains du pays. Selon le chef du gouvernement, ces études permettront d’évaluer la pertinence technique, économique et financière d’un métro au Burkina Faso, dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue et une pression accrue sur les systèmes de transport existants.
L’initiative traduit la volonté des autorités de rompre avec des solutions de mobilité exclusivement classiques pour s’orienter vers des technologies de transport de masse plus performantes. À Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso, les défis liés à la congestion, aux temps de trajet et à la pollution imposent une réflexion de long terme sur des infrastructures structurantes capables d’accompagner le développement urbain.
Le projet de métro s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation déjà engagée. Le Premier ministre a rappelé plusieurs avancées enregistrées en 2025, notamment le renforcement du réseau de bus avec l’acquisition de 530 nouveaux véhicules, ayant permis l’ouverture de nouvelles lignes et une amélioration de la desserte urbaine. Sur le plan routier, près de 102 kilomètres de routes nationales bitumées et plus de 66 kilomètres de voiries urbaines ont été réalisés, facilitant la circulation et les échanges. Le transport aérien n’est pas en reste, avec l’acquisition d’un nouvel aéronef pour la compagnie nationale Air Burkina.
Ces investissements s’inscrivent dans la vision de la « Révolution progressiste populaire » portée par le capitaine Ibrahim Traoré, qui privilégie un modèle de développement endogène et une plus grande maîtrise des leviers économiques nationaux. Dans cette perspective, l’initiative « Faso Mêbo » joue un rôle de catalyseur en mobilisant les ressources et l’engagement citoyen autour de projets structurants.
Pour les autorités, l’objectif est clair : transformer durablement le visage des villes burkinabè et doter le pays d’infrastructures modernes capables de soutenir la croissance, l’attractivité économique et la compétitivité urbaine. Si elles sont concluantes, les études de préfaisabilité ouvriront la voie à l’un des projets de transport les plus ambitieux jamais envisagés au Burkina Faso.







