Burkina Faso : une subvention de 15,8 milliards FCFA pour relancer la filière coton
Le gouvernement burkinabè a décidé de maintenir le prix des engrais destinés aux producteurs de coton à 17 500 FCFA le sac de 50 kg pour la campagne agricole 2026-2027. Cette mesure, soutenue par une subvention de 15,8 milliards de FCFA financée par les sociétés cotonnières, vise à accélérer la relance de la filière et à porter la production nationale à plus de 534 000 tonnes.
La décision a été entérinée lors du Conseil des ministres du mercredi, qui a également adopté le bilan de la campagne cotonnière 2025-2026 ainsi que les perspectives pour la prochaine saison.
Une production en hausse de 7 % en 2025-2026
Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, la production nationale de coton graine, conventionnel et biologique confondus, s’est établie à 314 293 tonnes au cours de la campagne 2025-2026, contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente.
Cette progression de 7 % s’est accompagnée d’une augmentation des superficies cultivées, qui sont passées de 346 778 hectares à 391 407 hectares, soit une hausse de 13 %. Cette évolution traduit un regain d’intérêt des producteurs pour la culture du coton, l’une des principales cultures de rente du Burkina Faso.
Un objectif de plus de 534 000 tonnes en 2026-2027
Pour la campagne 2026-2027, les autorités affichent des ambitions nettement plus élevées. Elles visent une production de 532 000 tonnes de coton conventionnel et de 2 250 tonnes de coton biologique, soit un objectif global de 534 250 tonnes.
L’atteinte de cette cible repose notamment sur la disponibilité des intrants agricoles et sur le maintien de mesures d’accompagnement en faveur des producteurs.
Le prix des engrais maintenu grâce à une subvention
Afin de préserver la rentabilité des exploitations, le Conseil des ministres a fixé à 17 500 FCFA le prix de cession à crédit du sac de 50 kg d’engrais NPK-SB et d’urée.
Le maintien de ce tarif nécessite une subvention de 15,8 milliards de FCFA, entièrement prise en charge par les sociétés cotonnières.
Cette mesure vise à limiter l’impact de la hausse des coûts des intrants agricoles et à encourager les producteurs à accroître les superficies emblavées.
Des prix garantis pour les producteurs
Le gouvernement a également arrêté les prix planchers d’achat du coton pour la prochaine campagne.
Le coton conventionnel de premier choix sera acheté à 310 FCFA le kilogramme, tandis que le second choix sera rémunéré à 285 FCFA le kilogramme.
Pour le coton biologique, le prix d’achat a été fixé à 375 FCFA le kilogramme, afin d’encourager le développement de cette production à plus forte valeur ajoutée.
Des stocks d’intrants jugés suffisants
Les autorités indiquent disposer de 110 085 tonnes de NPK-SB et de 38 013 tonnes d’urée, des volumes considérés comme suffisants pour couvrir les besoins de la campagne 2026-2027.
Cette disponibilité devrait permettre d’assurer un approvisionnement régulier des producteurs et de soutenir les objectifs de production fixés.
Une filière stratégique pour l’économie burkinabè
Le Conseil des ministres a enfin instruit les départements ministériels concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le bon déroulement de la campagne agricole.
Pilier des exportations du Burkina Faso, la filière cotonnière constitue une source essentielle de revenus pour des centaines de milliers de producteurs et contribue de manière significative aux recettes d’exportation du pays.
À travers cette politique de soutien aux intrants et de stabilisation des prix, le gouvernement entend consolider la relance de la production cotonnière tout en renforçant les revenus des exploitants et la compétitivité de la filière.







