Bénin : un projet de résilience sanitaire lancé dans la basse vallée de l’Ouémé
Le Gouvernement béninois renforce sa stratégie d’adaptation aux effets du changement climatique sur la santé publique. Un nouveau projet visant à protéger les populations vulnérables a été officiellement lancé le 3 septembre 2026 à Cotonou, dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo (ABD).
Baptisé « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables au changement climatique dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo », le projet SAP055 bénéficie d’un financement du Fonds vert pour le climat (GCF).
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs responsables publics et partenaires impliqués dans sa mise en œuvre, notamment le ministre du Cadre de Vie et des Transports, Georges Alé, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, ainsi que Luc Marie-Constant Gnacadja, maire de Cotonou et président de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB).
Près de 98 000 bénéficiaires directs ciblés
Le projet ambitionne de renforcer la capacité des communautés de la basse vallée de l’Ouémé à faire face aux conséquences sanitaires du changement climatique.
Selon les projections présentées, environ 97 900 personnes bénéficieront directement des interventions, tandis que 213 800 autres devraient être touchées indirectement.
Le programme devrait également contribuer à une réduction estimée à 12 494 tonnes de CO₂ équivalent, en intégrant les enjeux environnementaux aux actions de santé et d’adaptation climatique.
Paludisme, maladies cardiovasculaires et infections respiratoires ciblés
L’initiative entend notamment répondre à plusieurs risques sanitaires susceptibles d’être aggravés par les changements climatiques.
Les interventions porteront en particulier sur le paludisme, les maladies cardiovasculaires et les infections respiratoires aiguës. L’objectif est de mieux anticiper les impacts du dérèglement climatique et de renforcer les capacités locales de prévention et de prise en charge.
Pour le directeur général du Fonds national pour l’environnement et le climat, Appolinaire D. Gnanvi, cette approche doit permettre de rapprocher davantage les politiques de protection de l’environnement et celles de santé publique.
Des infrastructures sanitaires et des systèmes d’alerte renforcés
Le projet prévoit plusieurs actions concrètes dans les communes d’Adjohoun, Bonou et Dangbo.
Parmi les principales interventions figurent notamment :
- le renforcement des infrastructures sanitaires ;
- la réduction des risques liés aux vecteurs de maladies ;
- la mise en place de jardins botaniques médicinaux ;
- la diffusion de systèmes d’alerte ;
- l’amélioration de l’accès des populations aux informations climatiques.
Ces différentes composantes doivent permettre aux communautés de mieux anticiper les risques sanitaires associés aux phénomènes climatiques et d’adapter leurs comportements et leurs dispositifs de prévention.
Les communes appelées à jouer un rôle central
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a insisté sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux du projet et une gestion efficace des ressources mobilisées. Il a appelé les autorités locales et les cadres techniques à maintenir la dynamique ayant conduit à l’élaboration et à la validation de l’initiative.
De son côté, le ministre Georges Alé a mis en avant la collaboration entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, la société civile et les partenaires internationaux.
Il a également souligné l’importance des communes dans l’appropriation des différentes interventions et dans leur mise en œuvre au plus près des populations.
Le Bénin mise sur l’adaptation climatique pour protéger les populations
À travers le projet SAP055, le Bénin cherche ainsi à intégrer davantage adaptation au changement climatique et prévention sanitaire dans les politiques publiques locales.
Dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo, l’enjeu est particulièrement important pour les communautés exposées aux effets du dérèglement climatique. Le renforcement des infrastructures, l’accès à l’information climatique et les dispositifs d’alerte doivent contribuer à réduire leur vulnérabilité.
Avec près de 98 000 bénéficiaires directs, le projet financé par le Fonds vert pour le climat constitue ainsi une nouvelle étape dans les efforts du Bénin pour construire un système de santé plus résilient face aux risques climatiques.







