Bénin : le FIDA mobilise 37,1 millions de dollars pour l’entrepreneuriat agricole
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le gouvernement béninois ont signé un accord de financement de 37,1 millions de dollars pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes et l’entrepreneuriat agricole. Déployé sur huit ans dans le cadre du Projet d’appui à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat agricole (ProPEA), ce programme s’inscrit dans une enveloppe globale de 149,1 millions de dollars. Il ambitionne d’accompagner 50 000 ménages ruraux et de favoriser la création d’emplois durables dans les filières agroalimentaires.
Un financement de 37,1 millions de dollars pour le secteur agricole
Le Bénin renforce ses initiatives en faveur de l’emploi rural et du développement des entreprises agricoles grâce à un partenariat avec le FIDA. L’accord signé entre les deux parties prévoit un investissement de 37,1 millions de dollars américains en faveur du ProPEA.
D’un montant total de 149,1 millions de dollars, le projet doit mobiliser différentes ressources et compétences pour améliorer les perspectives économiques des populations rurales. Le financement du FIDA constitue ainsi une composante d’un dispositif associant le gouvernement béninois, les partenaires au développement, le secteur privé et les bénéficiaires.
Prévu sur une période de huit ans, le programme vise à renforcer les compétences professionnelles, faciliter l’accès aux financements et favoriser la création d’activités génératrices de revenus dans les zones rurales.
L’objectif est de développer un tissu d’entreprises agricoles capables de créer des emplois, de générer davantage de valeur ajoutée et de mieux résister aux chocs économiques et climatiques.
Le ProPEA cible 50 000 ménages ruraux
Le Projet d’appui à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat agricole sera déployé dans les différents pôles de développement agricole du Bénin.
Selon les objectifs annoncés, environ 50 000 ménages ruraux, représentant plus de 360 000 personnes, bénéficieront d’un accompagnement à travers des formations, un accès au financement et des possibilités de développement d’entreprises.
Les jeunes représenteront 60 % des participants. Cette orientation place l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat des jeunes au cœur du programme, dans un contexte où le développement des activités rurales constitue un levier pour diversifier les sources de revenus et renforcer les économies locales.
Le projet prévoit également des mesures favorisant l’inclusion des femmes et des personnes handicapées.
Au-delà de la formation, l’enjeu est de permettre aux bénéficiaires de transformer leurs compétences en activités économiques viables, en facilitant leur accès aux ressources financières, aux services d’accompagnement et aux débouchés commerciaux.
Agriculture, aquaculture et aviculture parmi les filières prioritaires
Le ProPEA ciblera des filières agroalimentaires présentant un potentiel de création d’emplois et de croissance. Les interventions concerneront notamment l’agriculture, l’aquaculture et l’aviculture.
Le programme associera plusieurs leviers complémentaires :
- la formation professionnelle et l’apprentissage de compétences techniques ;
- la formation à l’entrepreneuriat et l’accompagnement à la création d’entreprises ;
- l’accès au financement et aux mécanismes d’assurance ;
- les services de conseil et d’appui aux entreprises ;
- le développement de partenariats productifs avec les acteurs économiques.
Cette approche doit permettre aux jeunes entrepreneurs de mieux structurer leurs activités, de renforcer leur gestion financière et d’améliorer leur capacité à commercialiser leurs produits.
L’accompagnement ne se limite donc pas à l’acquisition de compétences. Il vise également à créer les conditions nécessaires au démarrage et à la pérennité des entreprises agricoles.
21 000 emplois visés pour les jeunes d’ici 2033
Le ProPEA ambitionne de créer des emplois pour 21 000 jeunes à l’horizon 2033. Le projet entend également aider les ménages ruraux participants à accroître leurs revenus grâce au développement d’entreprises agroalimentaires plus solides.
Cet objectif repose sur la capacité du programme à rapprocher les formations des besoins du marché, à faciliter le financement des initiatives entrepreneuriales et à soutenir les activités présentant des perspectives commerciales.
La création d’emplois durables dépendra notamment de la viabilité des entreprises accompagnées, de leur accès aux marchés et de leur capacité à générer des revenus réguliers.
Pour les jeunes ruraux, l’entrepreneuriat agricole peut représenter une voie d’insertion professionnelle à travers la production, la transformation, le stockage, le transport et la commercialisation des produits alimentaires.
Le développement de ces activités peut également contribuer à renforcer les chaînes de valeur locales et à créer des débouchés pour d’autres acteurs économiques des territoires ruraux.
Une agriculture plus résiliente face aux risques climatiques
Le projet intègre également une dimension environnementale. Les bénéficiaires seront accompagnés dans la gestion des risques climatiques et dans l’utilisation plus durable des ressources naturelles.
Cette orientation est importante pour des entreprises agricoles dont les revenus peuvent dépendre des précipitations, de la disponibilité de l’eau, de la qualité des sols et de la stabilité des rendements.
L’accès à des services de conseil, à des mécanismes d’assurance et à des pratiques adaptées doit contribuer à limiter la vulnérabilité des exploitations et à renforcer leur capacité à poursuivre leurs activités en cas de difficultés.
L’objectif est de favoriser un entrepreneuriat rural qui associe création de revenus, préservation des ressources et adaptation aux changements climatiques.
Le FIDA mise sur les compétences et l’accès aux marchés
Pour Bernard Hien, directeur régional du FIDA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, cet accord doit permettre aux jeunes et aux femmes de transformer leurs idées en entreprises viables et résilientes.
Le responsable souligne notamment l’importance du renforcement des compétences et de l’amélioration de l’accès aux financements et aux marchés pour soutenir la création d’emplois décents et consolider les moyens de subsistance des populations rurales.
Cette approche repose sur une articulation entre formation, accompagnement entrepreneurial et accès aux ressources nécessaires au développement des activités.
La participation du secteur privé et des partenaires au développement doit également contribuer à rapprocher les entrepreneurs des opportunités économiques et à renforcer les perspectives de commercialisation.
Un programme de 149,1 millions de dollars pour transformer les économies rurales
Avec une enveloppe globale annoncée de 149,1 millions de dollars, dont 37,1 millions apportés par le FIDA, le ProPEA représente un dispositif de soutien à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat agricole au Bénin.
Sa mise en œuvre doit permettre d’améliorer l’accès des jeunes aux compétences, au financement et aux marchés, tout en favorisant l’inclusion des femmes et des personnes handicapées.
Les résultats dépendront toutefois de la capacité à convertir les financements en accompagnement effectif, à assurer la viabilité des entreprises créées et à maintenir les emplois au-delà de la période de soutien.
À l’horizon 2033, le principal enjeu sera de transformer cet investissement en opportunités économiques durables pour les populations rurales. L’atteinte de l’objectif de 21 000 emplois pour les jeunes constituera l’un des indicateurs majeurs pour mesurer les effets du programme sur l’économie agricole béninoise.







