Burkina Faso : la BCEAO et la microfinance renforcent leur dialogue sur l’inclusion financière
L’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina Faso (APSFD-BF) a été reçue en audience le 22 juin 2026 à Ouagadougou par le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou. Cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement du dialogue entre le régulateur sous-régional et les acteurs de la microfinance.
Conduite par le Président du Conseil d’administration de l’APSFD-BF, Seydou Soungalo Yaméogo, et la Directrice exécutive, Nomwendé Claire Lossiane, la délégation a échangé avec l’autorité monétaire sur les performances, les défis et les perspectives du secteur de la microfinance burkinabè.
Une première audience à forte portée symbolique
Cette rencontre constitue la première audience officielle accordée par le Gouverneur de la BCEAO à la faîtière nationale de la microfinance. Elle s’inscrit dans un contexte où le secteur entend renforcer son rôle dans l’inclusion financière et le financement de l’économie nationale.
Pour l’APSFD-BF, cette audience symbolise une reconnaissance accrue de la contribution des systèmes financiers décentralisés au développement économique et social du Burkina Faso.
Un secteur clé pour le financement de l’économie
Au Burkina Faso, la microfinance occupe une place stratégique dans l’accès aux services financiers. Le pays compte environ 120 institutions de microfinance agréées, selon les données présentées lors de la rencontre.
Le secteur dessert plus de 2,17 millions de membres et clients à travers le pays, grâce à une offre de produits et services financiers adaptés aux populations exclues du système bancaire traditionnel.
Les encours du secteur témoignent de son poids économique :
- 553 milliards FCFA d’épargne mobilisée
- 444 milliards FCFA d’encours de crédit
- 207,7 milliards FCFA de financements injectés dans l’économie en 2025
Ces chiffres confirment le rôle central de la microfinance dans le soutien aux activités économiques locales et au financement des petites entreprises.
Des défis structurels à relever
Les échanges entre la BCEAO et l’APSFD-BF ont également porté sur les principaux défis du secteur.
Parmi les enjeux évoqués figurent la gouvernance des institutions de microfinance, le respect des normes réglementaires et le renforcement des dispositifs de contrôle interne. Ces aspects sont considérés comme essentiels pour garantir la stabilité et la crédibilité du secteur.
La transformation numérique a également occupé une place importante dans les discussions. L’essor des services financiers digitaux impose en effet de nouveaux défis, notamment en matière de cybersécurité et de protection des données.
L’interopérabilité au cœur de la modernisation
Un autre point clé des échanges concerne l’intégration des institutions de microfinance à la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI).
Ce dispositif est considéré comme un levier stratégique pour moderniser les transactions financières dans l’espace UEMOA. Il devrait permettre d’améliorer la rapidité des paiements, de réduire les coûts de transaction et de faciliter l’accès des populations aux services financiers numériques.
Pour les acteurs du secteur, cette interconnexion représente une opportunité majeure de renforcer leur compétitivité et leur efficacité opérationnelle.
Le refinancement, enjeu central du secteur
La question du refinancement des institutions de microfinance a également été abordée lors de la rencontre avec le Gouverneur de la BCEAO.
L’accès à des ressources financières adaptées est en effet un facteur déterminant pour soutenir la croissance du secteur et renforcer sa capacité à financer les activités économiques locales. Les discussions ont ainsi porté sur les mécanismes permettant d’améliorer la liquidité et la stabilité financière des IMF.
Une reconnaissance accrue du rôle de la microfinance
Pour l’APSFD-BF, cette audience marque une avancée significative dans les relations avec l’autorité monétaire régionale. Elle traduit également la reconnaissance croissante du rôle de la microfinance dans la mobilisation de l’épargne locale et le financement des activités génératrices de revenus.
À l’issue de la rencontre, Seydou Soungalo Yaméogo a exprimé la gratitude de la faîtière envers la BCEAO, saluant l’écoute et l’attention accordées aux préoccupations du secteur.
Il a réaffirmé l’engagement des acteurs de la microfinance à poursuivre les efforts de modernisation, d’innovation et de responsabilité, afin de renforcer leur contribution à la transformation économique du Burkina Faso et à l’inclusion financière des populations.







