Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son dispositif de soutien au commerce africain à travers un partenariat avec Mashreq, une institution financière basée à Dubaï. Les deux parties ont signé un accord de banque confirmatrice dans le cadre de l’instrument de garantie des transactions de financement du commerce de la BAD. L’objectif est de faciliter les opérations commerciales transfrontalières et d’améliorer l’accès des banques africaines aux financements internationaux.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par un déficit persistant de financement du commerce sur le continent, qui affecte particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME).
Un déficit de financement du commerce estimé entre 74 et 92 milliards de dollars
Selon le Rapport sur le financement du commerce 2025 du Groupe de la BAD, la demande non satisfaite de financement du commerce en Afrique se situait entre 74 et 92 milliards de dollars en 2024. Les PME figurent parmi les entreprises les plus durement touchées par ces difficultés d’accès au crédit.
Ce déficit peut limiter la capacité des entreprises à financer leurs importations, à honorer leurs commandes et à développer leurs activités sur les marchés régionaux et internationaux.
Pour répondre à cette problématique, la BAD s’appuie sur son instrument de garantie des transactions de financement du commerce. Celui-ci vise à faciliter les relations entre les banques émettrices africaines et les banques confirmatrices internationales, notamment sur les marchés où l’accès aux lignes de crédit demeure limité.
La garantie de la BAD couvre jusqu’à 100 % du risque de non-paiement
Dans le cadre de cet accord, la Banque africaine de développement fournira des garanties transaction par transaction couvrant jusqu’à 100 % du risque de non-paiement assumé par Mashreq pour les opérations de financement du commerce éligibles.
Le mécanisme concerne les transactions initiées par des banques émettrices africaines agréées par la BAD. Il s’agit d’un instrument non financé : la Banque apporte une garantie destinée à réduire le risque supporté par la banque confirmatrice, plutôt que de financer directement chaque opération commerciale.
Cette couverture peut ainsi encourager Mashreq à maintenir ou à développer ses relations avec les établissements bancaires africains concernés. Elle vise à faciliter le traitement des opérations commerciales transfrontalières et à soutenir les échanges entre les pays africains ainsi qu’entre l’Afrique et le reste du monde.
La portée effective du dispositif dépendra néanmoins des transactions éligibles, des banques participantes et de l’utilisation de la garantie dans les opérations commerciales.
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La BAD mise sur sa garantie pour soutenir les PME
Pour Lamin Drammeh, responsable du financement du commerce du Groupe de la BAD, ce partenariat permettra de mobiliser la garantie de la Banque, notée AAA, afin de renforcer la confiance de Mashreq dans ses relations avec les banques locales africaines.
Il estime que le mécanisme pourra, à terme, bénéficier aux PME, qui jouent un rôle central dans les économies africaines, mais rencontrent des difficultés importantes pour obtenir des financements du commerce.
En réduisant le risque de non-paiement associé aux opérations éligibles, la garantie pourrait contribuer à améliorer les conditions dans lesquelles les banques internationales accompagnent les transactions impliquant des établissements africains.
L’enjeu est de faciliter l’accès au financement des entreprises qui cherchent à importer des marchandises, à acheter des intrants ou à développer leurs débouchés à l’international.
Mashreq renforce son positionnement dans le financement du commerce africain
Pour Mashreq, l’accord s’inscrit dans une stratégie de développement de ses activités de financement du commerce et de ses relations avec les partenaires bancaires.
Joel Van Dusen, responsable du pôle Banque d’entreprise et d’investissement de Mashreq, a souligné que cette collaboration devait permettre à l’établissement d’élargir sa capacité à proposer des solutions de financement à ses clients et à ses partenaires bancaires.
Selon lui, le partenariat avec la BAD traduit une ambition commune de soutenir les échanges commerciaux et une croissance économique durable en Afrique. Il doit également contribuer à rendre les opérations transfrontalières plus fluides et plus sûres.
Un levier supplémentaire pour les échanges intra-africains
En associant une institution financière internationale à des banques émettrices africaines, le dispositif de garantie de la BAD cherche à réduire certains obstacles financiers au commerce. Il concerne aussi bien les échanges intra-africains que les transactions entre les entreprises du continent et leurs partenaires internationaux.
Toutefois, l’accord avec Mashreq ne suffit pas, à lui seul, à mesurer l’impact attendu sur le déficit de financement du commerce. Le montant total des garanties disponibles, le volume des transactions couvertes et le nombre de banques ou d’entreprises bénéficiaires ne sont pas précisés dans les informations communiquées.
L’effet du partenariat devra donc être apprécié à travers les opérations effectivement garanties et sa capacité à faciliter l’accès au financement des entreprises africaines, notamment des PME.







