La BAD et la Banque mondiale unissent leurs efforts face aux défis économiques de l’Afrique
La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale ont décidé de renforcer leur coopération en matière de recherche économique afin de mieux répondre aux principaux défis de développement du continent africain. Cette nouvelle dynamique de collaboration portera notamment sur la mobilisation des ressources intérieures, la viabilité de la dette, la création d’emplois, le dividende démographique et la transition énergétique.
L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion bilatérale de haut niveau tenue le 5 juin 2026 au siège de la Banque africaine de développement à Abidjan. Les discussions étaient conduites par Kevin Chika Urama, économiste en chef et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances à la BAD, et Seynabou Sakho, directrice régionale de la Banque mondiale pour la prospérité en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
Une coopération renforcée autour des grandes priorités du continent
Dans le cadre de ce partenariat renforcé, les deux institutions financières multilatérales ont convenu d’organiser régulièrement des réunions techniques, d’élaborer des programmes de travail communs et de mener des missions conjointes dans les pays africains.
Cette coordination vise à améliorer l’efficacité des travaux de recherche et à éviter les doublons sur plusieurs thématiques stratégiques :
- la gouvernance économique ;
- la mobilisation des recettes fiscales ;
- la gestion de la dette publique ;
- la résilience budgétaire ;
- les flux financiers ;
- l’accès des PME au financement et aux technologies ;
- l’emploi des jeunes ;
- le dividende démographique ;
- les politiques climatiques et énergétiques ;
- l’adaptation de l’Afrique à un environnement géopolitique mondial de plus en plus fragmenté.
La création d’emplois et la résilience au cœur des échanges
Lors de cette rencontre, l’équipe de la Banque mondiale a présenté une stratégie articulée autour de trois axes majeurs : la gestion des crises et le renforcement de la résilience, l’optimisation des ressources nationales et la création d’emplois à grande échelle.
De son côté, Kevin Chika Urama a partagé les principales conclusions des rapports récents de la BAD, notamment Performance et perspectives macroéconomiques en Afrique 2026 et Perspectives économiques en Afrique 2026.
Les discussions ont également porté sur plusieurs sujets d’actualité, parmi lesquels les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines, le projet de Mécanisme africain de stabilité financière et les travaux de mesure du capital naturel dans le cadre de la stratégie de richesse verte du continent.
Une approche fondée sur la concertation avec les États africains
Selon la BAD, l’ensemble de ces travaux de recherche a été élaboré en étroite concertation avec les gouvernements africains ainsi qu’avec plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union africaine, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’AUDA-NEPAD, l’Organisation internationale du travail (OIT), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Cette démarche vise à produire des analyses adaptées aux réalités africaines et à soutenir une prise de décision fondée sur des données fiables et pertinentes.
Abidjan au cœur de la réflexion économique africaine en juillet
Dans le prolongement de cette coopération, la Banque africaine de développement a invité la Banque mondiale à participer à la Conférence économique africaine prévue du 9 au 11 juillet 2026 à Abidjan.
Cet événement, organisé conjointement avec le PNUD, se déroulera parallèlement à la réunion annuelle du Réseau mondial des économistes en chef des institutions financières internationales et des agences de développement, en partenariat avec l’OCDE.
La conférence marquera également le lancement officiel du Réseau des économistes en chef africains (ACE Network), une initiative portée par la BAD visant à renforcer la souveraineté intellectuelle et la production de connaissances économiques sur le continent.
À travers ce partenariat renforcé, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale entendent contribuer à une meilleure compréhension des défis économiques africains et soutenir l’élaboration de politiques publiques favorisant une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois.







