Afrique subsaharienne : le FSB examine les risques financiers et l’avenir des paiements transfrontaliers
Les principaux acteurs de la régulation financière en Afrique subsaharienne se sont réunis les 16 et 17 juillet 2026 à Maurice pour examiner les défis qui pèsent sur la stabilité financière de la région et les transformations en cours dans les systèmes financiers.
Organisée dans le cadre du Groupe Consultatif Régional pour l’Afrique subsaharienne (Regional Consultative Group for Sub-Saharan Africa – RCG SSA) du Conseil de Stabilité Financière (Financial Stability Board – FSB), la rencontre a réuni des Gouverneurs de banques centrales, des responsables d’autorités de supervision financière ainsi que des représentants d’organismes de régulation de plusieurs pays de la région.
Les échanges ont porté sur les principales vulnérabilités financières mondiales et régionales, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies financières, la montée des risques climatiques et la nécessité d’accélérer l’intégration des marchés financiers africains.
Les paiements transfrontaliers au cœur des discussions
L’amélioration des paiements transfrontaliers s’est imposée comme l’un des principaux sujets de la rencontre. Les participants ont notamment examiné les difficultés liées au règlement des transactions entre pays, l’interopérabilité des infrastructures de paiement et la nécessité d’une meilleure harmonisation des cadres réglementaires.
L’objectif est de favoriser des systèmes de paiement plus rapides, plus transparents et plus accessibles, afin de faciliter les échanges commerciaux et de soutenir l’intégration économique et financière du continent.
Cette problématique revêt une importance particulière pour l’Afrique subsaharienne, où la fragmentation des systèmes de paiement et la diversité des cadres réglementaires continuent de constituer des obstacles au développement des transactions transfrontalières.
En marge de la réunion, un atelier spécifique consacré aux paiements transfrontaliers en Afrique subsaharienne a permis d’approfondir ces enjeux et d’examiner les initiatives susceptibles d’améliorer l’efficacité et la fluidité des règlements entre les différents marchés.
Les stablecoins et les innovations financières sous surveillance
Les participants ont également abordé la question des dispositifs mondiaux applicables aux stablecoins, alors que les innovations financières et les crypto-actifs prennent une place croissante dans les systèmes financiers.
Les discussions ont porté sur les enjeux réglementaires et les risques potentiels associés à ces nouveaux instruments, ainsi que sur la nécessité d’adapter les cadres de supervision afin de préserver la stabilité financière tout en permettant l’innovation.
Dans ce contexte, l’encadrement des crypto-actifs et des nouvelles technologies financières apparaît comme un enjeu de plus en plus important pour les autorités africaines.
Le risque climatique s’impose dans la régulation financière
Les risques liés aux événements météorologiques extrêmes ont également figuré parmi les sujets examinés lors de la rencontre.
L’intensification des phénomènes climatiques extrêmes constitue en effet une source croissante de vulnérabilité pour les économies africaines et pourrait affecter directement les institutions financières, les entreprises et les systèmes bancaires.
Les travaux engagés dans la région visent ainsi à intégrer progressivement les risques climatiques dans les dispositifs de surveillance et de régulation financière, afin de mieux anticiper leurs conséquences sur la stabilité des marchés.
Les initiatives africaines en matière de stabilité financière
Au cours des échanges, plusieurs initiatives conduites au niveau régional ont été présentées, notamment le renforcement des dispositifs macroprudentiels, la modernisation des infrastructures de paiement et les projets d’interconnexion des systèmes de paiement.
Les initiatives portées par la CEDEAO, notamment l’EPSS, ainsi que le système panafricain de paiement PAPSS de l’Union africaine, s’inscrivent dans cette dynamique visant à faciliter les paiements transfrontaliers et à renforcer l’intégration financière du continent.
La participation du Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a notamment permis de présenter les actions engagées dans l’espace UMOA en matière de stabilité financière, de modernisation des infrastructures de paiement et d’encadrement des innovations financières.
Vers une coopération renforcée entre régulateurs
Au-delà des enjeux nationaux et régionaux, les discussions du RCG SSA ont permis de mettre en évidence la nécessité d’une coopération renforcée entre les banques centrales, les autorités de supervision et les organismes de régulation.
L’évolution des risques financiers, le développement des nouvelles technologies, les mutations des systèmes de paiement et l’impact croissant du changement climatique dépassent en effet les frontières nationales et nécessitent des réponses coordonnées.
La réunion de Maurice intervient ainsi dans un contexte où les autorités africaines cherchent à renforcer la résilience de leurs systèmes financiers tout en accélérant l’intégration économique du continent.
Les travaux du Groupe Consultatif Régional pour l’Afrique subsaharienne devraient contribuer à alimenter les orientations du Conseil de Stabilité Financière pour 2026 et à renforcer le dialogue entre les autorités africaines et les instances internationales chargées de la stabilité financière.







