La BAD mobilise 9 millions de dollars pour accélérer l’intégration financière en Afrique de l’Est
Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), a approuvé un don de 9 millions de dollars destiné à renforcer l’intégration des marchés financiers en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique.
Validé le 12 juin 2026 à Abidjan, ce financement permettra la mise en œuvre du Projet d’intégration des marchés de capitaux et des systèmes de paiement en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique, une initiative stratégique visant à faciliter les investissements transfrontaliers et à renforcer les infrastructures financières régionales.
Neuf pays concernés par le projet
Le projet sera mis en œuvre par le secrétariat de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et bénéficiera à neuf pays de la région :
- le Burundi ;
- la République démocratique du Congo ;
- l’Éthiopie ;
- le Kenya ;
- le Rwanda ;
- la Somalie ;
- le Soudan du Sud ;
- la Tanzanie ;
- l’Ouganda.
L’objectif est de créer un environnement financier plus intégré afin de soutenir la croissance économique régionale, stimuler les flux de capitaux et améliorer l’accès au financement à long terme.
Vers des marchés financiers régionaux plus performants
Le projet vise à favoriser le développement de marchés de capitaux plus efficaces et mieux connectés entre les pays bénéficiaires.
Parmi les résultats attendus figurent :
- l’amélioration de l’efficacité des marchés financiers régionaux ;
- le renforcement des infrastructures de marché ;
- la modernisation des systèmes de paiement transfrontaliers ;
- l’élargissement de l’accès aux services financiers pour les entreprises et les populations ;
- le développement des capacités réglementaires et institutionnelles.
Cette initiative devrait également contribuer à réduire les coûts des transactions financières et à faciliter la circulation des capitaux à travers la région.
Une attention particulière aux femmes et aux jeunes
Au-delà du renforcement des infrastructures financières, le projet entend promouvoir une participation plus inclusive aux marchés de capitaux.
Les femmes et les jeunes, souvent confrontés à des difficultés d’accès aux services financiers et aux opportunités d’investissement, figurent parmi les principales cibles de cette initiative.
L’amélioration de leur inclusion financière devrait favoriser l’entrepreneuriat, l’innovation et la création d’emplois dans les pays concernés.
Un projet aligné sur la ZLECAf
Cette opération s’inscrit dans le cadre du Plan directeur transfrontalier de la Communauté de l’Afrique de l’Est pour la période 2025-2030.
Elle contribue également aux ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à renforcer les échanges commerciaux intra-africains et à accélérer l’intégration économique du continent.
En améliorant les infrastructures financières régionales, le projet doit permettre aux entreprises d’accéder plus facilement aux financements et soutenir le développement du commerce régional.
La CAE mise sur une circulation fluide des capitaux
Pour le secrétaire général de la Communauté de l’Afrique de l’Est, Stephen Patrick Mbundi, l’intégration financière constitue un levier essentiel du développement régional.
Selon lui, la prospérité économique future de l’Afrique de l’Est dépendra autant de la libre circulation des capitaux que de celle des biens et des services.
« Ce projet représente une étape importante vers un système financier régional plus intégré, capable de mobiliser des investissements, d’approfondir les marchés financiers et de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises et les citoyens de toute notre région », a-t-il déclaré.
La BAD veut renforcer la résilience économique régionale
De son côté, Ahmed Attout, directeur du Département du développement du secteur financier au sein du Groupe de la Banque africaine de développement, a rappelé le rôle déterminant des marchés financiers intégrés dans la transformation économique du continent.
Selon lui, ce projet illustre l’engagement de la Banque à promouvoir l’intégration régionale à travers des investissements à fort impact.
« Il contribuera à renforcer les infrastructures et les cadres réglementaires nécessaires pour mobiliser les capitaux nationaux, approfondir les marchés régionaux et favoriser une plus grande résilience économique », a-t-il souligné.
Avec cette nouvelle initiative, la Banque africaine de développement poursuit ainsi son soutien aux réformes destinées à renforcer l’intégration financière africaine et à créer les conditions d’une croissance plus inclusive et durable dans l’une des régions les plus dynamiques du continent.







