L’AFD veut faire des entreprises françaises des acteurs clés des projets de développement à l’international
Le groupe Agence française de développement (AFD) renforce sa stratégie de coopération avec les entreprises françaises afin d’accroître leur participation aux projets de développement financés à l’international. Cette orientation s’inscrit dans le mandat confié par les autorités françaises de mieux mobiliser le secteur privé, notamment les PME et les ETI, autour des investissements durables dans les pays partenaires, en particulier en Afrique.
À cette fin, l’AFD et Business France ont organisé, début juin à Lyon, un forum réunissant une soixantaine d’entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes afin de leur présenter les opportunités de marchés offertes par les projets financés par le groupe.
L’AFD veut accélérer l’accès des entreprises françaises aux marchés internationaux
S’exprimant devant les entreprises participantes, le directeur général adjoint de l’AFD, Bertrand Walckenaer, a affirmé la volonté de l’institution de renforcer ses relations avec le tissu entrepreneurial français.
« Nous voulons mieux vous connaître afin de travailler ensemble », a-t-il déclaré.
L’objectif affiché est de mieux informer les entreprises françaises sur les appels d’offres financés par l’AFD, Proparco et Expertise France afin de les aider à soumettre des offres compétitives sur les projets de développement.
Selon Bertrand Walckenaer, l’ambition est de faire du groupe AFD « un accélérateur d’opportunités de marchés » pour les entreprises françaises.
Près de 12 milliards d’euros de retombées économiques en cinq ans
Les chiffres avancés par le groupe témoignent déjà de l’importance économique de ces financements.
En 2025, les entreprises françaises ont participé à près de 50 % des appels d’offres financés par l’AFD, avec un taux de succès de 80 %.
Sur la période 2020-2025, les projets soutenus par le groupe ont généré près de 12 milliards d’euros de retombées économiques pour les entreprises françaises.
En Côte d’Ivoire, ces retombées sont estimées à 300 millions d’euros entre 2020 et 2024, illustrant l’importance croissante du continent africain dans les activités du groupe.
Des entreprises françaises déjà présentes sur les projets financés
Plusieurs entreprises ayant remporté des marchés financés par l’AFD ont partagé leur expérience lors du forum.
Le groupe Poma, spécialiste mondial du transport par câble, explique que les financements de l’AFD lui ont permis de renforcer durablement sa présence en Colombie, notamment grâce à sa participation aux projets de téléphériques urbains de Medellín.
De son côté, SUEZ Consulting intervient actuellement sur le plan climat de Brazzaville, en République du Congo, dans le cadre de la facilité Ciclia dédiée aux villes africaines engagées dans des projets bas carbone et résilients.
Les deux entreprises mettent en avant la qualité du dialogue avec les équipes de l’AFD ainsi que leur connaissance des réalités locales, facilitant la mise en œuvre des projets.
Un nouveau mandat pour renforcer la diplomatie économique française
Depuis le Conseil présidentiel pour le commerce extérieur tenu en début d’année, le groupe AFD s’est vu confier une nouvelle mission : accompagner davantage les entreprises françaises dans leur développement international.
Cette orientation se traduit notamment par un renforcement de la coopération avec Business France, dont l’objectif est de maximiser la présence des entreprises françaises sur les marchés financés par les bailleurs internationaux.
L’AFD a également conclu un partenariat avec les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) afin de renforcer le dialogue entre les acteurs publics et privés, d’accompagner l’internationalisation des entreprises et de soutenir les transitions durables dans les pays émergents.
Selon Morane Rey-Huet, président des CCEF France et Auvergne-Rhône-Alpes, l’AFD constitue désormais « un outil majeur de la diplomatie économique française ».
Un partenariat stratégique avec CCI France International
Le groupe AFD poursuit également le développement de son réseau de partenaires.
Le 23 juin 2026, il a signé un accord stratégique avec CCI France International (CCIFI) afin de renforcer la mobilisation des entreprises françaises, notamment les PME et ETI, autour des projets d’investissement solidaire et durable.
Cette coopération repose sur trois priorités :
- accroître la participation des entreprises françaises aux projets financés par l’AFD ;
- renforcer les actions communes au sein de la Team France Export ;
- faciliter l’accès aux opportunités de marchés dans les pays d’intervention du groupe.
Une plateforme dédiée aux appels d’offres
Afin de faciliter l’accès aux marchés, le groupe AFD met à disposition des entreprises une plateforme spécialisée recensant l’ensemble des appels d’offres liés à ses financements.
L’institution propose également des guides pratiques et des outils de formation destinés à accompagner les entreprises dans la compréhension des procédures de passation des marchés.
Selon Bertrand Walckenaer, la demande d’expertise française reste élevée dans de nombreux pays partenaires.
« Plusieurs clients souhaitent diversifier leurs partenaires face aux offres américaines ou chinoises et privilégient des investissements créateurs de valeur et d’emplois », souligne-t-il.
Stop Hunger distingué pour son engagement sociétal
À l’occasion des Trophées CCI France International, dont l’AFD est partenaire, le groupe a également remis le prix de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
La distinction a été attribuée à Stop Hunger, initiative créée par Sodexo en 1996 et engagée dans la lutte contre la faim ainsi que la promotion de systèmes alimentaires durables.
Présente dans plus de 60 pays, l’organisation revendique plus de 100 millions de bénéficiaires depuis 2015 et mobilise chaque année plus de 10 000 volontaires autour de programmes de récupération des surplus alimentaires, d’agriculture durable, d’autonomisation des femmes et de partenariats avec de grandes organisations humanitaires.
À travers cette stratégie, le groupe AFD confirme sa volonté de faire des entreprises françaises des partenaires privilégiés de ses financements internationaux, tout en renforçant leur contribution aux objectifs de développement durable et à la présence économique française dans les pays émergents.







