L’Union africaine lancera le 7 octobre à Maurice l’African Credit Rating Agency, basée à Port-Louis, pour évaluer États et entreprises. L’objectif affiché est d’offrir des méthodologies mieux adaptées aux réalités africaines face aux grandes agences internationales. Le PNUD estime qu’une amélioration des approches de notation pourrait alléger de 50 à 100 points de base le coût de la dette publique sur le continent.
L’Union africaine a annoncé le lancement, le 7 octobre à Maurice, de l’African Credit Rating Agency (AfCRA). La nouvelle structure, installée à Port-Louis, délivrera des notations souveraines et d’entreprises. Elle intervient alors que l’organisation continentale critique l’évaluation du risque africain par Fitch, Moody’s et S&P, jugée pénalisante pour le financement des États.
Port-Louis retenue après sélection du MAEP
Port-Louis a été choisie au terme d’un processus conduit par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Cette décision a été confirmée en février, lorsque l’Union africaine a invité d’autres pays à se porter candidats pour héberger des implantations régionales. AfCRA doit être enregistrée et agréée par la Financial Services Commission de Maurice. D’autres juridictions sont à l’étude pour accueillir de futures filiales, afin de mailler le continent.
Des notations plus contextualisées, sans complaisance
Selon l’Union africaine, il ne s’agit pas de créer une agence indulgente. AfCRA sera détenue par des acteurs africains et pilotée par le secteur privé, avec une gouvernance présentée comme indépendante des États. Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs précise que l’ambition n’est pas d’attribuer de meilleures notes par principe, mais de proposer des évaluations plus contextualisées et plus précises des économies africaines.
Alléger un coût d’emprunt élevé
L’Union africaine reproche aux grandes agences internationales d’amplifier la perception du risque, ce qui renchérit le coût de l’endettement. D’après le Programme des Nations unies pour le développement, certains gouvernements africains empruntent jusqu’à quatre fois plus cher que des pays comparables dans d’autres régions. Le PNUD estime qu’une amélioration des méthodologies de notation pourrait réduire les coûts d’emprunt de 50 à 100 points de base, soit une économie annuelle pouvant atteindre 5 milliards de dollars pour les États africains.
Données, méthodologies et crédibilité
Au-delà des critiques adressées aux acteurs globaux, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs a identifié des facteurs internes qui nourrissent la perception du risque. Il cite la qualité inégale des statistiques publiques, un déficit de transparence et une coordination insuffisante entre administrations. AfCRA pourrait fournir aux agences internationales des données et analyses complémentaires sur les économies africaines, en renforçant la lisibilité des fondamentaux.
Pour s’imposer face à Fitch, Moody’s et S&P, AfCRA devra convaincre investisseurs, banques et gestionnaires d’actifs de la robustesse de ses méthodes et de leur comparabilité avec les standards internationaux. Sa crédibilité reposera également sur sa capacité à ajuster à la baisse la note d’un État africain si ses analyses le justifient. L’Union africaine indique enfin que d’autres juridictions sont à l’étude pour des antennes régionales, afin d’accompagner le déploiement opérationnel de l’agence.







