Le Ghana prévoit de mettre progressivement fin aux exportations de minerais non transformés d’ici 2030. Annoncée par le président John Mahama, cette orientation vise à renforcer la transformation locale des ressources minières et à faire davantage de l’industrie extractive un levier d’industrialisation et de création d’emplois.
« D’ici 2030, les minéraux bruts ne doivent plus quitter notre territoire », a déclaré le chef de l’État lors d’une conférence minière organisée à Accra, la capitale. Il a notamment cité la bauxite, le manganèse, le fer et le lithium parmi les ressources appelées à contribuer au développement industriel du pays.
Une législation progressive pour encadrer les exportations
Pour concrétiser cet objectif, le gouvernement ghanéen prévoit d’adopter un cadre législatif destiné à limiter progressivement les exportations de minerais bruts. Le dispositif devrait prévoir des obligations adaptées à chaque minerai, accompagnées de calendriers de mise en œuvre spécifiques.
Les investisseurs du secteur minier devront également tenir compte des exigences de transformation locale dans leurs accords avec les autorités. Cette approche doit encourager le développement d’activités industrielles sur le territoire national, au-delà de l’extraction et de l’exportation des matières premières.
Le Ghana a déjà engagé certaines mesures allant dans cette direction. Le pays a notamment interdit les exportations de ferraille et de métaux non ferreux, ainsi que celles de l’or brut provenant de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.
Le manganèse, la bauxite et le lithium au cœur de la stratégie
Premier producteur d’or d’Afrique, le Ghana dispose également de ressources importantes en manganèse et en bauxite, ainsi que d’un potentiel dans le secteur du lithium. Selon les données de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) citées dans les informations disponibles, le pays représente environ 10 % de l’offre minière mondiale de manganèse et figure parmi les principaux exportateurs de ce minerai.
Le secteur minier accueille par ailleurs plusieurs groupes internationaux, dont AngloGold Ashanti, Zijin Mining et Gold Fields.
Pour les autorités, l’enjeu consiste à capter une part plus importante de la valeur générée par ces ressources. La transformation sur place pourrait contribuer à diversifier l’économie, à développer des chaînes de valeur industrielles et à créer des emplois dans les activités de traitement et de fabrication.
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Une tendance qui gagne plusieurs pays africains
La stratégie ghanéenne s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement du traitement local des ressources naturelles sur le continent. La Guinée envisage de restreindre les exportations de bauxite, tandis que le Zimbabwe a interdit celles de concentré de lithium. La République démocratique du Congo a également instauré des restrictions concernant les volumes de cobalt exportés.
Ces politiques traduisent la volonté de plusieurs États africains de réduire leur dépendance à l’exportation de matières premières peu transformées et de développer des activités à plus forte valeur ajoutée sur leur territoire.
Des investissements nécessaires avant 2030
La réussite du projet ghanéen dépendra toutefois de plusieurs conditions. Le développement d’unités de transformation nécessite des investissements importants dans les infrastructures industrielles, l’approvisionnement énergétique, les équipements et les compétences techniques.
Le gouvernement devra également veiller à ce que le calendrier d’application des restrictions soit compatible avec les capacités de transformation disponibles et les besoins des opérateurs miniers.
L’échéance de 2030 constitue ainsi un objectif majeur pour le Ghana. Au-delà de la limitation des exportations de minerais bruts, l’enjeu sera de bâtir un tissu industriel capable de transformer davantage les ressources nationales et d’en accroître les retombées économiques locales.







