Mali : les recettes budgétaires atteignent 2 836 milliards FCFA en 2025
Le Mali a enregistré 2 836,707 milliards de FCFA de recettes budgétaires en 2025, soit 103,54 % des prévisions révisées. Dans le même temps, les dépenses exécutées se sont établies à 3 091,253 milliards de FCFA, représentant un taux d’exécution de 94,25 %. Ces résultats figurent dans le projet de loi de règlement du budget de l’État pour l’exercice 2025, adopté en Conseil des ministres.
Les finances publiques maliennes affichent des recettes supérieures aux objectifs fixés dans le budget rectifié pour 2025. Réuni vendredi, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant règlement du budget de l’État au titre de cet exercice. Le texte doit permettre de présenter au Conseil national de Transition (CNT) les résultats définitifs de l’exécution budgétaire.
Selon les chiffres communiqués, les recettes recouvrées ont dépassé de 97,010 milliards de FCFA les prévisions révisées. De leur côté, les dépenses sont restées inférieures aux crédits ouverts, avec un écart de 188,633 milliards de FCFA.
Ces résultats permettent de mesurer l’écart entre les objectifs budgétaires et leur réalisation effective. Ils devront toutefois être examinés à la lumière de l’ensemble des opérations comptables et financières de l’État pour déterminer le solde budgétaire définitif.
Des recettes supérieures de 97 milliards FCFA aux prévisions
Sur des recettes prévisionnelles de 2 739,697 milliards de FCFA, le gouvernement malien a mobilisé 2 836,707 milliards de FCFA au cours de l’exercice 2025. Le taux de réalisation s’élève ainsi à 103,54 %.
En valeur absolue, les recettes ont dépassé les objectifs de 97,010 milliards de FCFA. Cette performance traduit un niveau de recouvrement supérieur aux estimations retenues dans le budget rectifié.
La révision budgétaire opérée en août 2025 avait déjà relevé les prévisions de recettes, initialement fixées à 2 648,900 milliards de FCFA. Elles avaient été portées à 2 739,697 milliards de FCFA, notamment grâce à de nouvelles ressources issues du contrôle des importations, de recettes exceptionnelles dans le secteur des télécommunications et du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social.
Le dépassement des prévisions révisées constitue un indicateur de l’exécution des recettes publiques. Il ne permet cependant pas, à lui seul, de déterminer l’évolution de la pression fiscale, la répartition des recettes entre les différentes catégories de prélèvements ou la progression de l’activité économique.
Dépenses publiques : 3 091 milliards FCFA exécutés
Du côté des dépenses, l’État malien a exécuté 3 091,253 milliards de FCFA sur une enveloppe prévisionnelle de 3 279,886 milliards de FCFA.
Le taux d’exécution atteint 94,25 %. Au total, 188,633 milliards de FCFA de crédits ouverts n’ont donc pas été consommés durant l’exercice.
Le budget avait été révisé en août 2025, avec une hausse des dépenses prévisionnelles, passées de 3 229,886 milliards à 3 279,886 milliards de FCFA. Cet ajustement devait notamment répondre aux besoins liés à la sécurisation du territoire et au financement des infrastructures de base.
Le niveau d’exécution constaté indique que les dépenses réalisées sont restées en deçà des crédits autorisés. Il ne permet toutefois pas de conclure, sans informations complémentaires, que les économies constatées résultent d’une meilleure maîtrise des dépenses. Une sous-exécution peut également découler de retards dans la réalisation des projets, de contraintes administratives ou de changements dans le calendrier des décaissements.
Le déficit budgétaire : un écart à interpréter avec prudence
La loi de finances rectificative pour 2025 prévoyait un déficit budgétaire de 540,189 milliards de FCFA.
En soustrayant les recettes recouvrées des dépenses exécutées, le solde arithmétique ressort à un déficit de 254,546 milliards de FCFA. Cet écart est inférieur de 285,643 milliards de FCFA au déficit prévisionnel annoncé dans le budget rectifié.
Cette différence ne constitue toutefois pas, à elle seule, le solde budgétaire définitif au sens comptable. Le calcul définitif doit tenir compte des règles de comptabilisation applicables, des opérations de trésorerie, des financements, des éventuels crédits supplémentaires ainsi que des annulations et reports de crédits.
La loi de règlement joue précisément un rôle central dans cette étape. Elle permet d’arrêter les comptes de l’État, de constater les résultats de l’exécution budgétaire et de rendre compte de l’utilisation des ressources publiques.
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La loi de règlement attendue devant le Conseil national de Transition
L’adoption du projet de loi en Conseil des ministres ouvre la voie à son examen par le Conseil national de Transition. Cette étape doit permettre aux représentants de la transition de prendre connaissance des résultats définitifs de l’exercice 2025.
Le texte doit également contribuer à la régularisation comptable des opérations budgétaires, notamment en ce qui concerne les éventuels dépassements, reports ou annulations de crédits.
Au-delà des chiffres, l’examen parlementaire permettra d’apprécier les écarts entre les prévisions initiales, les prévisions révisées et les réalisations effectives. Ces éléments sont essentiels pour évaluer la gestion des finances publiques et éclairer la préparation des prochains budgets.
Quels enseignements pour les finances publiques maliennes ?
Les résultats de 2025 font ressortir deux constats principaux : les recettes ont dépassé les prévisions révisées, tandis que les dépenses exécutées sont restées inférieures aux crédits ouverts.
Cette combinaison explique que l’écart arithmétique entre les recettes et les dépenses soit nettement inférieur au déficit anticipé dans le budget rectifié. Pour autant, l’appréciation complète de la situation budgétaire nécessite de disposer du solde définitif établi selon les règles comptables applicables.
La qualité de l’exécution budgétaire ne se mesure pas uniquement au niveau des recettes recouvrées ou au taux de consommation des crédits. Elle dépend également de l’efficacité des dépenses, de la réalisation des investissements prévus, du financement des services publics et de la soutenabilité des finances de l’État.
L’examen de la loi de règlement du budget 2025 constituera ainsi une étape importante pour préciser la situation comptable de l’État malien et tirer les enseignements nécessaires à la conduite de la politique budgétaire.







