BOAD et Banque mondiale : un accord contre la fraude
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Groupe de la Banque mondiale renforcent leur coopération en matière de lutte contre la fraude et la corruption. Les deux institutions ont signé un mémorandum d’entente destiné à consolider les échanges et la collaboration entre leurs fonctions respectives chargées de l’intégrité.
L’accord a été signé par Adama Papa Sacko, inspecteur général de la BOAD, et Maria Thestrup, vice-présidente de l’Integrity Vice Presidency (INT) du Groupe de la Banque mondiale. Il vise à renforcer la prévention, la détection et l’investigation des pratiques susceptibles de compromettre l’intégrité des opérations des deux institutions.
Un cadre de coopération entre les fonctions d’intégrité
L’Inspection générale de la BOAD et l’Integrity Vice Presidency du Groupe de la Banque mondiale exercent des fonctions indépendantes d’investigation, de contrôle et de prévention. Le mémorandum établit un cadre structuré pour développer leurs initiatives conjointes sur des sujets d’intérêt commun.
Cette coopération doit s’effectuer dans le respect des mandats, des cadres juridiques et des modalités opérationnelles propres à chaque institution. Elle vise ainsi à faciliter les échanges entre les deux entités tout en préservant leur indépendance.
Pour des institutions de financement du développement, la protection de l’intégrité des opérations constitue un enjeu important, notamment pour prévenir les risques de fraude et de corruption susceptibles d’affecter l’utilisation des ressources destinées aux projets de développement.
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Trois axes détaillés dans le mémorandum
Le texte communiqué présente plusieurs modalités de coopération entre les deux fonctions d’intégrité.
L’échange d’informations doit permettre le partage de renseignements pertinents pour la détection, la prévention et l’investigation des faits de fraude et de corruption, conformément aux cadres juridiques applicables.
La coopération sur les dossiers et les thématiques d’intérêt commun prévoit une concertation sur les questions liées à la protection de l’intégrité des opérations.
Le partage d’expertise porte notamment sur les méthodologies d’investigation, les retours d’expérience et les bonnes pratiques.
Ces mécanismes doivent favoriser la circulation des connaissances et le renforcement des capacités d’investigation et de prévention. Le document transmis annonce quatre axes majeurs, mais n’en détaille que trois : le quatrième reste à préciser.
La BOAD veut renforcer ses capacités de prévention et d’investigation
À l’occasion de la signature, Adama Papa Sacko a présenté cet accord comme une étape importante de la stratégie de la BOAD en matière de coopération internationale sur l’intégrité.
Selon lui, le partenariat doit contribuer à consolider les capacités de prévention, de détection et d’investigation de la Banque, afin de protéger les ressources consacrées au développement et de promouvoir une politique de tolérance zéro à l’égard de la fraude et de la corruption.
Au-delà de la formalisation de la coopération, l’enjeu sera de traduire cet engagement en pratiques opérationnelles : échanges d’informations adaptés aux cadres juridiques, amélioration des méthodes d’investigation et diffusion des bonnes pratiques.
Le mémorandum ne précise toutefois pas, dans les informations disponibles, le calendrier de mise en œuvre des initiatives conjointes ni les indicateurs qui permettront d’en mesurer les résultats.
Un deuxième accord avec une banque multilatérale de développement
Ce partenariat constitue, selon les informations communiquées, le deuxième accord de cette nature conclu par la BOAD avec une banque multilatérale de développement. Il s’inscrit dans la continuité de l’accord signé avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en juillet 2025.
Cette démarche traduit la volonté de la BOAD de développer ses relations avec d’autres institutions de financement du développement sur les questions d’intégrité.
Pour les deux partenaires, la portée concrète de cette coopération dépendra désormais de sa mise en œuvre, notamment de la capacité à renforcer les échanges d’expertise et à améliorer les mécanismes de prévention et d’investigation.
Le mémorandum établit ainsi un cadre de collaboration entre la BOAD et le Groupe de la Banque mondiale. Son intérêt se mesurera à terme aux progrès réalisés dans la protection des opérations et des ressources consacrées au financement du développement.







