Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Banque mondiale ont signé, le 13 octobre 2026 à Bangkok, un nouvel accord-cadre de cofinancement destiné à renforcer leurs investissements conjoints dans la transformation rurale et les systèmes alimentaires. Conclu en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, cet accord vise à améliorer la résilience des communautés rurales, à stimuler l’entrepreneuriat et à favoriser la création d’emplois.
Cette initiative intervient alors qu’une génération particulièrement nombreuse de jeunes arrive sur le marché du travail, dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance et une incertitude économique accrue.
Un partenariat renforcé pour transformer les économies rurales
Pour Alvaro Lario, président du FIDA, la collaboration avec la Banque mondiale doit permettre de convertir les ambitions communes des deux institutions en investissements supplémentaires, en emplois et en progrès en matière de sécurité alimentaire.
Le nouvel accord prolonge leur coopération dans le cadre de plusieurs initiatives internationales, notamment AgriConnect, qui vise à contribuer à la transformation de l’agriculture au bénéfice de 300 millions de petits producteurs et productrices agricoles d’ici à 2030.
Il s’inscrit également dans le prolongement de Water Forward, une initiative dont l’objectif est d’améliorer la sécurité hydrique d’un milliard de personnes à l’horizon 2030.
À travers ces programmes, les deux institutions entendent renforcer les capacités des communautés rurales, améliorer les conditions de production et soutenir le développement des systèmes agroalimentaires.
Lire aussi : Le FIDA accorde 90 millions de dollars au Sénégal pour soutenir la souveraineté alimentaire
L’agriculture comme levier de création d’emplois
Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a souligné le potentiel de l’agriculture pour favoriser l’emploi, la croissance économique et la sécurité alimentaire.
Selon lui, la mise en commun des capacités de financement et de la portée internationale de la Banque mondiale avec l’expertise du FIDA sur les communautés rurales doit permettre d’aider les petits producteurs à accroître leur productivité, à accéder aux marchés et à attirer davantage d’investissements privés.
Cette approche vise aussi à créer des perspectives économiques dans les zones rurales, où vivent des millions de jeunes. L’agriculture est ainsi présentée comme un levier de développement économique et d’insertion professionnelle, au-delà de sa fonction de production alimentaire.
Lire aussi : Congo : la Banque mondiale approuve 60 millions $ pour l’aviculture et l’aquaculture
Les cofinancements du FIDA avec l’IDA ont plus que doublé
La Banque mondiale demeure le principal partenaire multilatéral de développement du FIDA. Leur coopération couvre notamment le cofinancement de projets, la concertation sur les politiques publiques et la participation à des initiatives mondiales.
Le volume des cofinancements du FIDA réalisés avec l’Association internationale de développement (IDA), l’institution de la Banque mondiale qui soutient les pays à faible revenu, a fortement progressé ces dernières années.
Il est passé d’environ 646 millions de dollars en 2021 à 1,56 milliard de dollars en 2025, soit plus du double en quatre ans.
Le nouvel accord vise à prolonger cette dynamique en facilitant l’identification et le développement d’opérations conjointes tout au long du cycle d’investissement.
Au Lesotho, un programme de 70,5 millions de dollars produit des résultats
Le cadre renouvelé doit notamment permettre d’étendre les collaborations existantes, dont un programme national de 70,5 millions de dollars au Lesotho.
Selon les données communiquées, cette intervention a déjà contribué à la création de près de 1 500 emplois et à la fourniture d’une éducation nutritionnelle à 217 000 personnes.
Par ailleurs, plus de 106 000 personnes ont adopté des pratiques agricoles adaptées au changement climatique. Les services agro-météorologiques mis en place dans le cadre du programme ont, quant à eux, bénéficié à plus de 900 000 personnes.
Ces résultats illustrent les différents axes de coopération entre les deux institutions : amélioration des moyens de subsistance, adaptation climatique, nutrition et développement des activités économiques rurales.
Un cadre de cofinancement modernisé pour cinq ans
Le nouvel accord actualise les mécanismes de cofinancement des investissements nationaux entre le FIDA et la Banque mondiale. Il facilite également le recours à des dispositifs communs dans plusieurs domaines opérationnels : assistance technique, passation des marchés, gestion financière, décaissement et supervision environnementale et sociale.
Le cadre renouvelé doit contribuer à simplifier la conduite des opérations conjointes, tout en maintenant les règles de gouvernance propres à chaque institution. Les politiques, les décisions de financement et les exigences de redevabilité du FIDA et de la Banque mondiale restent ainsi distinctes.
L’accord sera initialement en vigueur pendant cinq ans, avant d’être automatiquement renouvelé pour une période supplémentaire de cinq ans.
Il contribuera également à la mise en œuvre des priorités du quatorzième cycle de reconstitution des ressources du FIDA, appelé IFAD14, couvrant la période 2028-2030. Ce cycle vise notamment à accélérer les investissements destinés à renforcer la résilience, à élargir les perspectives économiques et à améliorer les conditions de vie en milieu rural.
La signature de cet accord s’inscrit dans une coopération historique entre les deux institutions, engagée depuis 1978, avec l’ambition de mobiliser davantage de financements au service des populations rurales et de la transformation des systèmes alimentaires.








Commentaires 1