OCDE : les pénuries d’enseignants s’aggravent dans plusieurs pays
Les systèmes éducatifs de nombreux pays de l’OCDE sont confrontés à des pénuries d’enseignants, avec des difficultés de recrutement particulièrement fortes en mathématiques et en sciences, ainsi que dans les zones rurales, isolées et défavorisées. C’est l’un des principaux constats de l’édition 2026 de Regards sur l’éducation, le rapport annuel de l’OCDE consacré aux statistiques comparables sur les systèmes éducatifs.
L’organisation souligne que le vieillissement du corps enseignant risque d’accentuer davantage ces tensions au cours des prochaines années.
Les mathématiques et les sciences particulièrement touchées
Les chiffres disponibles montrent que les pénuries ne se traduisent pas nécessairement par un nombre élevé de postes officiellement vacants. Dans 20 systèmes éducatifs disposant de données, le taux de postes d’enseignants vacants était inférieur à 4 % dans le primaire et le secondaire au cours de l’année scolaire 2024/25.
Ces données masquent toutefois d’importantes disparités selon les disciplines, les établissements et les territoires.
Parmi 16 pays et économies disposant de données, 11 signalent des pénuries d’enseignants pleinement qualifiés en mathématiques et en sciences dans le secondaire. Les établissements situés dans les zones rurales, isolées ou défavorisées rencontrent également davantage de difficultés pour attirer des enseignants.
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Près d’un enseignant sur dix sans toutes les qualifications requises
La question de la qualification constitue également un enjeu pour les systèmes éducatifs.
En moyenne, 9 % des enseignants du primaire et du secondaire dans les pays de l’OCDE ne disposaient pas de l’ensemble des qualifications requises durant l’année scolaire 2024/25.
Cette proportion dépassait 18 % en Allemagne, au Chili, au Danemark et en Estonie. À l’inverse, en Corée et au Japon, les enseignants doivent être pleinement qualifiés avant de pouvoir exercer.
Pour l’OCDE, l’enjeu consiste donc à élargir les viviers de recrutement tout en maintenant les exigences de qualité et de qualification.
Le vieillissement des enseignants accentue la pression
La démographie constitue un autre facteur déterminant. Dans la zone OCDE, un enseignant du secondaire sur quatre est âgé de 55 ans ou plus.
Cette structure d’âge laisse présager des besoins supplémentaires de recrutement à mesure que les départs à la retraite se multiplieront.
Dans le même temps, le nombre d’enfants âgés de 5 à 14 ans devrait diminuer de 9 % entre 2024 et 2033 dans les pays de l’OCDE. Cette évolution ne sera toutefois pas uniforme.
Pour les pouvoirs publics, cette baisse démographique peut donc aussi constituer une opportunité de réallouer les enseignants et les ressources vers les établissements, les disciplines et les territoires où les besoins sont les plus importants.
Le salaire ne suffit pas à rendre le métier attractif
L’OCDE relève également un décalage entre la satisfaction professionnelle des enseignants et la perception sociale de leur métier.
85 % des enseignants se déclarent satisfaits de leur emploi, mais seulement 22 % considèrent que leur profession est valorisée par la société.
La rémunération reste un élément important. En moyenne, les enseignants gagnent entre 87 % et 95 % du salaire des autres actifs diplômés du supérieur dans les pays de l’OCDE. Pour les enseignants du premier cycle du secondaire, le salaire de départ représente en moyenne 61 % de la rémunération des actifs ayant un niveau de formation comparable.
Mais l’OCDE souligne que d’autres facteurs influencent également le recrutement et la fidélisation : charge de travail, autonomie professionnelle, qualité de la direction d’établissement, possibilités d’évolution et reconnaissance sociale.
L’intelligence artificielle parmi les leviers envisagés
Face à ces difficultés, les systèmes éducatifs peuvent chercher à mieux utiliser leurs capacités pédagogiques existantes et à diversifier les voies d’accès à la profession, sans réduire les exigences de qualité.
Les technologies et l’intelligence artificielle peuvent notamment contribuer à réduire certaines tâches administratives. L’objectif serait de permettre aux enseignants de consacrer davantage de temps à l’enseignement, à l’accompagnement des élèves et au développement professionnel.
L’OCDE souligne également le rôle potentiel d’un personnel de soutien spécialisé pour alléger certaines responsabilités qui ne relèvent pas directement de l’enseignement.
Un défi qui dépasse le secteur de l’éducation
Les pénuries d’enseignants s’inscrivent enfin dans un contexte plus large de tensions sur le marché du travail qualifié.
Les systèmes éducatifs sont en concurrence avec d’autres secteurs économiques pour attirer des travailleurs disposant de compétences élevées. La capacité à rendre la profession enseignante plus attractive devient donc un enjeu à la fois éducatif et économique.
L’OCDE appelle ainsi les systèmes scolaires à anticiper leurs besoins futurs, à retenir les enseignants déjà en poste et à développer leurs viviers de recrutement tout en préservant la qualité de l’enseignement.







