Kenya : Lamu au cœur d’un projet majeur de raffinerie pétrolière
Le Kenya s’apprête à lancer la construction d’une importante raffinerie de pétrole à Lamu, sur sa côte est, dans le cadre d’un projet porté par le groupe Dangote avec l’appui de l’Africa Finance Corporation (AFC). Le président kényan William Ruto a rencontré le 21 septembre 2026 à New York Aliko Dangote, président-directeur général de Dangote Industries, et Samaila Zubairu, directeur général de l’AFC, pour discuter du financement et des dernières préparatifs du projet.
Le projet est estimé à environ 15 à 16 milliards de dollars selon les informations rapportées par Reuters, tandis que certaines sources kényanes évoquent jusqu’à 17 milliards de dollars. Cette différence tient notamment aux estimations de coûts et aux modalités de financement encore en cours de structuration.
Une capacité de 700 000 barils par jour
La future raffinerie devrait afficher une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole brut par jour, ce qui en ferait la plus importante infrastructure de raffinage d’Afrique de l’Est si elle est réalisée comme prévu. Le début officiel des travaux est annoncé pour le 30 septembre 2026 à Lamu.
Le site se trouve dans la zone du corridor LAPSSET — Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport Corridor — dont le développement doit renforcer les échanges entre le Kenya et plusieurs marchés d’Afrique de l’Est. La proximité du port de Lamu doit également faciliter l’approvisionnement en brut, l’exportation des produits raffinés et le développement d’activités logistiques et industrielles autour de la raffinerie.
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Réduire la dépendance du Kenya aux produits pétroliers importés
Le projet intervient alors que le Kenya demeure fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés. Selon les autorités kényanes, la nouvelle infrastructure doit contribuer à réduire cette dépendance tout en renforçant la sécurité énergétique du pays et l’approvisionnement des marchés régionaux.
La raffinerie doit ainsi permettre au Kenya de conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire et de développer autour du site des activités liées au stockage, au transport, à la pétrochimie et à la transformation industrielle.
Un projet encore confronté à des enjeux de financement et d’approvisionnement
Malgré l’avancement du projet, plusieurs défis restent à résoudre. L’approvisionnement en pétrole brut constitue notamment un enjeu majeur, le Kenya ne disposant pas encore d’une production commerciale suffisante pour alimenter une infrastructure de cette taille. Des approvisionnements en provenance notamment de l’Ouganda et du Soudan du Sud sont envisagés, mais des contraintes d’infrastructures et de logistique subsistent.
Le financement représente également un point central. Dangote envisage différentes sources de financement, tandis que l’AFC participe aux discussions autour de la structuration financière du projet.
À terme, la raffinerie de Lamu doit donc s’inscrire dans une stratégie plus large visant à développer les capacités énergétiques et industrielles du Kenya et à renforcer son approvisionnement en produits pétroliers à l’échelle régionale.







