Côte d’Ivoire : un Institut du café et du cacao annoncé à Divo
La Côte d’Ivoire prévoit de se doter d’un Institut du café et du cacao afin de renforcer la recherche agronomique sur deux cultures majeures de son économie. Annoncée en Conseil des ministres le mercredi 23 septembre 2026, cette initiative vise à soutenir la compétitivité des filières, améliorer les rendements et répondre aux menaces qui pèsent sur les plantations, notamment la maladie du Swollen Shoot.
Présentée par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, la nouvelle structure est conçue pour offrir un environnement de recherche spécialisé, doté de technologies de pointe et de ressources humaines hautement qualifiées.
Un pôle scientifique implanté à Divo
Le complexe de recherche doit être construit sur le site de la station du Centre national de recherche agronomique (CNRA) à Divo, dans le centre-ouest du pays.
Ce choix s’appuie sur les infrastructures et le patrimoine biologique déjà présents sur le site, qui comprend notamment des parcelles expérimentales matures de café et de cacao. Ces ressources pourront servir de base aux travaux scientifiques et aux expérimentations conduits par le nouvel institut.
La structure doit également fonctionner en réseau avec les universités nationales, des pôles d’excellence régionaux et des organisations internationales. Cette coopération vise à favoriser le partage de compétences et à inscrire la recherche ivoirienne dans des partenariats scientifiques plus larges.
La recherche au service de la compétitivité des filières
L’objectif affiché est de renforcer les capacités scientifiques nationales afin de mieux répondre aux exigences du marché mondial, notamment en matière de compétitivité et de respect des standards.
Le cacao occupe une place importante dans l’économie ivoirienne. Selon les données citées dans le texte annonçant la réforme, la filière représente 17 % du PIB national. Dans ce contexte, les progrès de la recherche peuvent avoir des implications pour la productivité agricole, les revenus des producteurs et la capacité du pays à maintenir sa position sur les marchés internationaux.
L’Institut devra notamment contribuer à améliorer les connaissances sur les variétés cultivées, les pratiques agricoles et les contraintes qui affectent les rendements. Les effets concrets dépendront toutefois des programmes de recherche retenus, de leurs moyens et de leur transfert vers les producteurs.
Le précédent de la variété « Mercedes »
Pour illustrer l’intérêt de la recherche locale, Amadou Coulibaly a évoqué la variété de cacao « Mercedes », présentée comme une innovation capable de produire plus rapidement que les plants traditionnels.
Cet exemple souligne l’importance de la sélection variétale et de l’expérimentation pour renouveler les plantations et améliorer les performances agricoles. Il rappelle également que les résultats scientifiques doivent pouvoir être adaptés aux conditions des exploitations et diffusés auprès des producteurs pour produire des effets à grande échelle.
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Le Swollen Shoot, une menace prioritaire
Parmi les défis auxquels le nouvel institut devra s’attaquer figure la maladie du Swollen Shoot, une affection virale qui endommage les cacaoyers et contribue aux pertes de production.
La maladie représente une préoccupation majeure pour une filière dont les performances dépendent de la santé des plantations. La recherche est appelée à contribuer à l’identification de réponses adaptées, qu’il s’agisse de méthodes de prévention, de matériel végétal ou de pratiques permettant de limiter la propagation de l’infection.
« Aujourd’hui, la recherche devrait nous permettre d’apporter une réponse à cette maladie », a déclaré Amadou Coulibaly, selon les propos rapportés lors de la présentation du projet.
Cette ambition implique un travail scientifique de long terme, mais aussi une coordination avec les acteurs agricoles pour que les solutions mises au point puissent être évaluées puis diffusées sur le terrain.
Un investissement stratégique pour l’avenir du café et du cacao
Avec la création annoncée de cet Institut, le gouvernement ivoirien entend renforcer la place de la science dans la gestion et le développement des filières café-cacao. L’implantation à Divo, les partenariats envisagés et la priorité donnée aux maladies des cultures constituent les principaux éléments du dispositif présenté.
La portée de cette initiative se mesurera à sa capacité à produire des innovations utilisables par les producteurs, à améliorer durablement les rendements et à contribuer à la résilience des plantations. Pour une économie fortement liée au cacao, la consolidation de la recherche agronomique constitue ainsi un enjeu à la fois agricole, industriel et économique.







