Le Cameroun entend renforcer sa production piscicole pour répondre à une demande intérieure qui reste largement supérieure à l’offre nationale. Le 15 septembre à Yaoundé, le comité de pilotage du Projet de promotion de la filière piscicole continentale (PROFIP) a approuvé son plan de travail pour 2027. L’initiative prévoit notamment de renforcer les compétences des pisciculteurs, d’améliorer leur accès aux intrants de qualité et de faciliter la commercialisation du poisson d’élevage.
Soutenu par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le projet dispose d’une enveloppe de 1,2 milliard de FCFA sur cinq ans, pour la période 2024-2028, selon le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales.
Formation, intrants et accès au marché au cœur du plan 2027
Le plan de travail approuvé prévoit plusieurs actions destinées à améliorer les performances de la filière piscicole continentale.
Les interventions porteront notamment sur :
- la formation technique des pisciculteurs ;
- l’amélioration de l’accès à des alevins et à des aliments de qualité ;
- le renforcement des circuits de distribution et de l’accès au marché ;
- l’évaluation du secteur et l’amélioration de son organisation.
Lors de la réunion du 15 septembre, les responsables ont également examiné les progrès et les résultats de la première phase du projet, ainsi que le dispositif de suivi et les indicateurs de performance.
Bien que sa période de mise en œuvre soit fixée de 2024 à 2028, le PROFIP a été officiellement lancé le 25 juillet 2025.
Quatre régions ciblées et trois espèces d’eau douce concernées
Le projet est déployé dans les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud. Il vise à améliorer les conditions de production et de commercialisation du poisson d’élevage, en mettant l’accent sur les compétences techniques et la disponibilité des intrants.
Les espèces ciblées comprennent notamment le tilapia, le poisson-chat et la carpe.
L’amélioration de l’accès aux alevins et aux aliments de qualité constitue un enjeu important pour la filière, tout comme le développement de débouchés permettant aux producteurs d’écouler leur production.
Plus de 207 000 tonnes de poisson congelé importées en 2024
L’initiative intervient dans un contexte de forte dépendance du Cameroun aux importations de poisson.
En 2024, le pays a importé 207 092 tonnes de poisson congelé, pour une valeur de 167,3 milliards de FCFA, soit environ 291,8 millions de dollars. Ces importations étaient en baisse par rapport à 2023, année au cours de laquelle elles avaient atteint 234 573 tonnes, pour une valeur d’environ 182 milliards de FCFA, selon les données de l’Institut national de la statistique rapportées par Business in Cameroon.
D’autres données ministérielles citées plus tôt en 2026 indiquent que la consommation nationale de poisson a dépassé 476 000 tonnes en 2024, tandis que le déficit de production intérieure était estimé à environ 225 000 tonnes.
Ces chiffres illustrent l’écart persistant entre la demande et l’offre locale, malgré le recul des importations de poisson congelé enregistré en 2024.
La substitution aux importations comme objectif économique
Le PROFIP s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 du Cameroun et dans les efforts visant à accroître la production locale de produits agricoles, d’élevage et halieutiques.
En renforçant les capacités des pisciculteurs et les circuits de commercialisation, le projet cherche à contribuer au développement d’une offre nationale capable de répondre davantage aux besoins du marché.
La portée de cette démarche dépendra notamment de la capacité à améliorer durablement la productivité des exploitations, à garantir l’accès aux intrants et à organiser la mise en marché du poisson d’élevage. Le plan 2027 constitue une nouvelle étape dans la mise en œuvre de ces objectifs.







