La 14e Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-XIV) s’est tenue du 7 au 9 septembre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, avec un objectif central : accélérer le passage des engagements climatiques à leur mise en œuvre.
Responsables politiques, négociateurs, chercheurs, institutions financières, partenaires au développement, représentants de la société civile, de la jeunesse et du secteur privé se sont réunis autour du thème « Des engagements à la mise en œuvre : la feuille de route de Belém-Antalya-Addis ».
À l’approche de la COP31 et alors que l’Éthiopie doit accueillir la présidence de la COP32 en 2027, les discussions ont porté sur les moyens de mieux financer l’action climatique et de renforcer la capacité du continent à proposer ses propres solutions.
Du plaidoyer à la mise en œuvre
La CCDA-XIV intervient dans le cadre de ClimDev-Afrique, un programme destiné à renforcer les liens entre la science, les politiques publiques et l’action climatique sur le continent.
L’initiative est portée conjointement par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement, l’Alliance panafricaine pour la justice climatique et Afreximbank.
Les échanges d’Addis-Abeba ont notamment porté sur le financement climatique, l’adaptation, la résilience, les marchés du carbone, les minéraux critiques, les systèmes alimentaires et les liens entre climat et paix.
L’un des enjeux était également de consolider les positions africaines en amont de la COP31 et de préparer les travaux qui accompagneront la présidence éthiopienne de la COP32 en 2027.
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La CEA appelle l’Afrique à devenir force de proposition
À l’ouverture de la conférence, Claver Gatete, secrétaire général adjoint des Nations unies et secrétaire exécutif de la CEA, a appelé le continent à renforcer son rôle dans l’élaboration des réponses internationales au changement climatique.
Selon lui, l’Afrique doit continuer à défendre ses intérêts dans les négociations internationales, mais également présenter des propositions concrètes dans des domaines tels que la finance, l’adaptation, l’énergie, le commerce, la technologie et la gouvernance climatique.
Cette orientation repose sur un constat : l’Afrique contribue relativement peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en étant particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique.
Le continent dispose parallèlement d’importantes ressources en énergies renouvelables et en minéraux critiques, ainsi que d’un marché en expansion et d’une population jeune. Ces ressources constituent, selon les participants, des leviers potentiels pour associer développement économique et action climatique.
Le financement reste au cœur des préoccupations
La question du financement s’est imposée comme l’un des principaux enjeux de la conférence.
James Kinyangi, coordinateur du Fonds climatique pour le développement de l’Afrique, a présenté les ambitions de la deuxième phase de ce mécanisme financier. Celle-ci vise à mobiliser 100 millions de dollars et à lever jusqu’à 300 millions de dollars d’ici 2030 afin de renforcer la résilience climatique sur le continent.
Le financement doit notamment permettre de transformer les engagements politiques en projets capables d’être effectivement déployés sur le terrain.
Cette problématique concerne particulièrement l’adaptation, domaine dans lequel les besoins africains restent importants alors que les ressources disponibles sont limitées.
L’Afrique veut accélérer l’adaptation et la résilience
Les discussions de la CCDA-XIV ont accordé une place importante à l’adaptation au changement climatique et au renforcement de la résilience.
Pour les économies africaines, l’enjeu consiste à intégrer davantage les risques climatiques dans les politiques de développement, les investissements et les infrastructures.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de mieux articuler science et décision publique afin que les politiques climatiques reposent sur des données et des analyses adaptées aux réalités du continent.
Des marchés du carbone aux minéraux critiques
La conférence a également abordé plusieurs secteurs susceptibles de jouer un rôle croissant dans la transition climatique.
Les marchés du carbone, les minéraux critiques et les énergies renouvelables figurent notamment parmi les domaines examinés.
Les minéraux critiques occupent une place particulière dans la transition énergétique mondiale, notamment en raison de leur utilisation dans plusieurs technologies nécessaires à la décarbonation.
Pour les pays africains, la question porte donc à la fois sur la valorisation de ces ressources et sur leur contribution au développement économique et industriel du continent.
Le climat, l’agriculture et la sécurité alimentaire
Les systèmes alimentaires ont également été intégrés aux discussions.
Les effets du changement climatique sur l’agriculture, les ressources en eau et les moyens de subsistance renforcent la nécessité de développer des systèmes de production plus résilients.
La question climatique dépasse ainsi le seul cadre environnemental : elle touche directement l’agriculture, les revenus, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations.
Les échanges ont également porté sur les interactions entre climat et paix, dans un contexte où les pressions exercées sur les ressources naturelles peuvent accentuer certaines vulnérabilités.
Les négociateurs africains fixent leurs priorités
La présidente du Groupe africain des négociateurs (AGN), Nana Antwi-Boasiako Amoah, a de son côté mis l’accent sur trois priorités : préserver la marge de manœuvre nécessaire au développement durable, obtenir des financements climatiques plus prévisibles pour l’adaptation et l’atténuation, et accélérer la mise en œuvre des engagements concernant l’Afrique.
Ces orientations doivent contribuer à structurer la position africaine lors des prochaines négociations climatiques internationales.
L’objectif est notamment de parvenir à une meilleure traduction des engagements financiers et politiques en programmes et investissements effectivement réalisés sur le continent.
Addis-Abeba prépare déjà les prochaines échéances
La CCDA-XIV s’inscrit dans une séquence plus large du calendrier climatique africain.
La conférence intervient après la 7e édition des pourparlers africains sur le climat et les réunions des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Elle précède également la COP31, tout en préparant le terrain pour la présidence éthiopienne de la COP32 prévue en 2027.
La conférence devait aboutir à l’adoption des Messages d’action climatique d’Addis-Abeba, destinés à définir les priorités africaines pour la COP31 et à établir une feuille de route commune en vue de la COP32.
Une nouvelle étape pour l’action climatique africaine
Au-delà des déclarations de principe, les échanges d’Addis-Abeba ont mis en avant une question centrale : comment transformer les engagements climatiques de l’Afrique en projets financés et exécutés à grande échelle ?
Le financement, l’adaptation, l’accès à l’énergie, les infrastructures, les systèmes alimentaires, les marchés du carbone et la valorisation des ressources du continent constituent autant de chantiers identifiés.
À l’approche de la COP31 et de la future présidence éthiopienne de la COP32, la CCDA-XIV aura ainsi contribué à structurer les priorités africaines autour d’un même enjeu : renforcer la capacité du continent à passer des engagements climatiques à des solutions concrètes, financées et adaptées à ses propres besoins de développement.







