Togo : les PPP passent à l’action pour accélérer les infrastructures
Le Togo veut donner une nouvelle impulsion aux Partenariats Public-Privé (PPP) pour accélérer la réalisation de ses infrastructures. Décideurs publics, bailleurs de fonds, investisseurs et experts se sont réunis à Lomé le 3 septembre 2026 pour une conférence de haut niveau consacrée à la structuration et au financement des projets PPP.
Organisée par le ministère des Finances et du Budget et le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements, avec l’appui du Club PPP MedAfrique, la rencontre a notamment permis de présenter les outils disponibles, d’échanger sur les conditions de bancabilité des projets et de renforcer le dialogue entre les différents acteurs.
Le PPP, un outil de financement mais pas une solution magique
Président de ComPublic et délégué général du Club PPP MedAfrique, Marc Teyssier d’Orfeuil a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les mécanismes des PPP.
Il a distingué trois catégories de partenariats : les PPP marchands, les PPP non marchands et les PPP mixtes. Selon lui, l’enjeu réside notamment dans la capacité à multiplier les projets grâce à des sociétés de projet, plutôt que de limiter les investissements au rythme des financements budgétaires classiques.
L’objectif peut ainsi être de passer, par exemple, d’une école construite chaque année à plusieurs dizaines sur une période de quelques années.
L’intervenant a également rappelé que le PPP ne constitue pas une ressource financière gratuite. Sa réussite dépend de la qualité de la structuration des projets, de leur viabilité et du partage des risques entre les différentes parties.
La rencontre a également enregistré la présence de Michel Sapin, ancien ministre français de l’Économie et des Finances.
Le Togo veut faire des PPP un levier de sa feuille de route
Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a inscrit les PPP dans la feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Le dispositif doit notamment contribuer à renforcer le positionnement du Togo comme hub logistique et pôle industriel. Le ministre a rappelé que le pays affiche une croissance moyenne de 6 % sur les cinq dernières années, avec une prévision de 6,3 % pour 2026.
Cette dynamique reste toutefois confrontée à d’importants besoins en infrastructures. À l’échelle africaine, le déficit de financement des infrastructures est estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an.
Pour le Togo, le ministre a mis en avant plusieurs atouts : un environnement favorable aux investissements, un cadre juridique modernisé notamment avec la loi de 2021, l’existence de l’ARCOP, ainsi que des expériences déjà réalisées dans des secteurs comme l’énergie, le port et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA).
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Des projets doivent désormais être mieux préparés
Les échanges ont également porté sur les conditions nécessaires pour attirer les financements privés et institutionnels.
Lors de la table ronde consacrée au cadre réglementaire, l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a notamment abordé le contrôle a priori des contrats PPP. Celui-ci a été présenté comme un mécanisme destiné à sécuriser les montages plutôt qu’à ralentir leur mise en œuvre.
Du côté des bailleurs, la BOAD a fait part de son intérêt pour les projets PPP au Togo, tout en insistant sur deux conditions : la transparence et la préparation de projets suffisamment bancables.
Le gouvernement entend également promouvoir des PPP répondant directement aux besoins des populations, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, avec un accent mis sur le transfert de compétences.
Le dédoublement de la voie Davié-Atakpamé annoncé
La question des infrastructures routières a occupé une place importante dans les échanges.
Le ministre délégué chargé des Travaux publics, Sani Yaya, a annoncé que le gouvernement envisageait prochainement le dédoublement de la voie Davié-Atakpamé ainsi que de ses ponts.
Ce projet concerne un axe stratégique pour les échanges et le transport à travers le pays. Son inscription dans les discussions sur les PPP illustre la volonté des autorités de rechercher des solutions de financement pour des infrastructures dont la réalisation ne peut pas toujours attendre les capacités du budget public.
Une Task Force pour accélérer les projets PPP
À l’issue de la conférence, le Togo a franchi une nouvelle étape dans l’institutionnalisation de son dispositif PPP.
Le ministre Badanam Patoki a officiellement installé le Club PPP du Togo et annoncé la création d’une Task Force opérationnelle, rattachée au plus haut niveau de l’État.
Cette structure doit servir de guichet pour identifier et lever les blocages susceptibles de ralentir les projets, avec une obligation de résultats.
Avec ce nouveau dispositif, le gouvernement veut désormais passer de la phase de sensibilisation à celle de structuration, de financement et d’exécution des projets PPP. L’enjeu sera de transformer le cadre juridique et le dialogue avec les bailleurs et investisseurs en projets effectivement réalisés.







