Angola : un projet agricole de la BAD pour toucher 1,2 million de personnes
Le gouvernement angolais et le Groupe de la Banque africaine de développement ont lancé, le 16 juillet 2026, le projet de développement des chaînes de valeur agricoles dans la région orientale. L’initiative vise à accélérer la transformation du secteur agricole et à faire de l’agriculture un moteur de diversification économique du pays.
Le projet devrait bénéficier à environ 240 000 foyers, soit près de 1,2 million de personnes, avec une attention particulière accordée à l’inclusion économique des femmes et des jeunes.
Huit filières agricoles ciblées
L’intervention entend favoriser l’émergence d’une agriculture plus moderne, résiliente et orientée vers les marchés. Elle ciblera plusieurs chaînes de valeur stratégiques, notamment les céréales, les haricots, le soja, les arachides, le manioc, le café, le cacao et l’huile de palme.
Une attention particulière sera accordée à la production de blé et de riz. L’objectif est notamment de contribuer à réduire la dépendance de l’Angola aux importations alimentaires, tout en renforçant les capacités de production des petits exploitants agricoles.
Le projet doit ainsi permettre aux producteurs d’améliorer leur accès aux connaissances, aux technologies, au financement et aux marchés, afin de favoriser le passage d’une agriculture principalement de subsistance à une agriculture davantage productive et commerciale.
Le corridor de Lobito comme levier de développement
La localisation du projet constitue également un atout stratégique. La région orientale de l’Angola bénéficie de sa proximité avec le corridor de Lobito, qui doit faciliter l’accès aux marchés et contribuer à renforcer les échanges.
Lire aussi : Zambie : la BAD mobilise 265 millions $ pour le corridor de Lobito
La Banque africaine de développement mise ainsi sur le développement des infrastructures et des chaînes de valeur pour favoriser la croissance agricole, attirer davantage d’investissements privés et renforcer l’intégration des producteurs aux marchés.
Pour le ministre angolais de l’Agriculture et des Forêts, Isaac dos Anjos, cette initiative doit créer les conditions permettant aux familles agricoles d’accéder à davantage de ressources et de débouchés.
« Le lancement du projet de développement des chaînes de valeur agricoles de la région orientale marque une étape importante dans la transformation du secteur agricole angolais », a-t-il déclaré.
Le ministre a également souligné que le projet s’inscrit dans la volonté du gouvernement de construire un secteur agricole moderne, durable et inclusif, capable de générer des revenus et des emplois tout en améliorant les conditions de vie dans les zones rurales.
La BAD veut faire de l’agriculture un moteur de diversification
Pour la Banque africaine de développement, l’enjeu dépasse l’augmentation de la production agricole. L’institution entend soutenir une approche intégrée associant infrastructures, expertise technique, innovation et développement du secteur privé.
Pietro Toigo, représentant de la Banque africaine de développement en Angola et à São Tomé, estime que le projet doit permettre de mieux exploiter le potentiel agricole de la région orientale.
« Ce projet représente un investissement transformateur visant à accroître la productivité agricole, à renforcer les chaînes de valeur et à créer des opportunités économiques pour les hommes, les femmes et les jeunes », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’investissement pourrait contribuer à faire de l’agriculture angolaise un socle pour l’industrialisation, la diversification économique et la croissance inclusive.
Réduire les importations et renforcer la production locale
À travers le développement des filières agricoles prioritaires, le projet cherche donc à agir simultanément sur plusieurs défis de l’économie angolaise : la dépendance aux importations alimentaires, la faible intégration des petits producteurs aux marchés, le manque d’opportunités économiques en milieu rural et la nécessité de diversifier une économie encore fortement dépendante des ressources extractives.
Avec un périmètre potentiel de 1,2 million de bénéficiaires, l’initiative constitue ainsi un volet important du partenariat entre l’Angola et la Banque africaine de développement pour accélérer la transformation structurelle du pays.







