Économie circulaire : la BAD accompagne huit nouveaux pays africains
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) élargit son soutien à l’économie circulaire en Afrique. À travers le Fonds africain pour l’économie circulaire, fonds fiduciaire multidonateurs qu’il administre, l’institution accompagne huit nouveaux pays dans l’élaboration ou la mise en œuvre de leurs feuilles de route nationales.
Cette deuxième cohorte du programme des Feuilles de route nationales pour l’économie circulaire (NCER) concerne l’Angola, le Liberia, Madagascar, le Sénégal, le Bénin, le Tchad, l’Éthiopie et Maurice. L’objectif est de faire de l’économie circulaire un instrument de transformation productive, de création d’emplois et de mobilisation des investissements.
Quatre pays vont élaborer leur feuille de route
L’Angola, le Liberia, Madagascar et le Sénégal entrent dans la phase d’élaboration de leurs feuilles de route nationales. Ils devront notamment identifier les secteurs prioritaires, coordonner les institutions concernées et définir des orientations adaptées à leurs structures économiques.
Le Bénin, le Tchad, l’Éthiopie et Maurice, déjà engagés dans des démarches nationales, passent pour leur part à la phase de mise en œuvre. Il s’agit désormais de transformer les cadres stratégiques existants en politiques publiques, programmes financés et dispositifs institutionnels durables.
Selon Anthony Nyong, directeur du département du Changement climatique et de la Croissance verte à la BAD, ces feuilles de route peuvent contribuer à renforcer les capacités productives nationales et à transformer les priorités de développement en opportunités d’investissement.
Transformer davantage les ressources africaines localement
Pour la BAD, l’enjeu dépasse la seule gestion des déchets. Une grande partie des ressources naturelles africaines continue d’être exportée sans transformation suffisante, ce qui limite la création de valeur et d’emplois sur le continent.
L’économie circulaire vise précisément à conserver davantage de ressources et de valeur au sein des économies nationales. Elle peut notamment favoriser la réutilisation des matériaux, la valorisation des sous-produits agricoles, l’utilisation de matières premières secondaires dans l’industrie ou encore l’allongement de la durée de vie des bâtiments et des infrastructures.
Cette approche peut ainsi contribuer à renforcer les chaînes de valeur locales et à soutenir l’industrialisation africaine.
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Le Tchad vise 25 000 emplois verts d’ici 2035
Les expériences de la première cohorte montrent déjà les secteurs dans lesquels cette transformation peut être engagée. Les feuilles de route ont notamment identifié la construction, la foresterie, l’agriculture, les plastiques, le textile, l’industrie manufacturière, l’énergie et l’eau comme des domaines à fort potentiel.
Au Tchad, la feuille de route prévoit notamment la création de plus de 25 000 emplois verts et une réduction de 40 % des déchets non recyclés à l’horizon 2035, dans six secteurs prioritaires.
Pour les autorités tchadiennes, l’économie circulaire constitue également un moyen de réduire la dépendance de l’économie nationale au pétrole et de favoriser sa diversification.
Le Bénin fixe des objectifs sur dix ans
Au Bénin, le Plan d’action pour l’économie circulaire, lancé en février 2026, fixe plusieurs objectifs à l’horizon de dix ans. Le pays ambitionne notamment d’atteindre un taux de recyclage de 25 %, d’assurer la collecte de l’ensemble des déchets urbains et de créer 300 entreprises circulaires.
Ces objectifs illustrent la volonté de passer d’une approche centrée sur la gestion des déchets à une logique davantage orientée vers la création d’activités économiques et la valorisation des ressources.
Des feuilles de route pour orienter les investissements
Au-delà de la dimension environnementale, les feuilles de route nationales constituent pour la BAD des outils de structuration de l’investissement. Elles permettent d’identifier les secteurs susceptibles de générer le plus de valeur, de définir les actions prioritaires et de mettre en place les mécanismes de gouvernance nécessaires.
L’intérêt pour ce dispositif semble d’ailleurs croissant. Trente-deux pays africains ont répondu à l’appel à manifestations d’intérêt lancé par le Fonds africain pour l’économie circulaire pour cette deuxième cohorte.
La BAD entend ainsi contribuer à créer un environnement politique et institutionnel favorable au développement de modèles économiques plus circulaires, avec l’appui technique notamment de l’Alliance africaine pour l’économie circulaire.
L’économie circulaire comme levier de transformation économique
À travers ce programme, l’enjeu pour l’Afrique est de mieux exploiter ses ressources tout en conservant une part plus importante de la valeur créée sur son territoire. L’économie circulaire apparaît ainsi comme un levier à la fois industriel, environnemental et économique.
Pour les pays accompagnés, la prochaine étape sera de transformer les orientations définies dans les feuilles de route en projets concrets, financements et emplois. La réussite du programme dépendra donc autant de la qualité des stratégies nationales que de la capacité des États à mobiliser les capitaux nécessaires à leur mise en œuvre.







