Guinée : le Comité des statistiques des finances publiques relancé pour renforcer la fiabilité des données
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget de la Guinée veut accélérer la modernisation de son système de statistiques des finances publiques. À cet effet, le Secrétaire général du département, Dr Mamoudou Touré, a présidé jeudi 6 août 2026, au nom de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, la session de relance du Comité des Statistiques des Finances Publiques.
Cette rencontre technique et stratégique, préparée par les services de la Direction générale du Budget, intervient dans un contexte où la qualité, la cohérence et la disponibilité des données publiques sont devenues des enjeux majeurs pour la gouvernance économique du pays et la mise en œuvre de ses réformes.
Un comité créé pour aligner la Guinée sur les standards internationaux
Créé en 2023, le Comité des Statistiques des Finances Publiques réunit plusieurs directions et services techniques du ministère. Sa mise en place répond à la volonté d’aligner progressivement le système statistique guinéen sur les normes du Manuel de statistiques de finances publiques 2014 du Fonds monétaire international (FMI).
Trois ans après sa création, plusieurs avancées sont déjà enregistrées. Selon l’expert Kaba de la Direction générale du Budget, la Guinée produit désormais régulièrement le Tableau des opérations financières de l’État (TOFE) conformément aux standards internationaux.
Le pays a également renforcé la publication de données sur sa dette publique, tandis que la couverture statistique s’élargit progressivement aux établissements publics, aux collectivités locales et aux organismes de sécurité sociale.
Le dispositif institutionnel a par ailleurs été renforcé avec la transformation de la Direction nationale de la Dette en Direction générale des Financements.
« Trois ans après sa création, des progrès importants ont été accomplis », a souligné l’expert, tout en relevant plusieurs difficultés qui continuent de limiter la qualité des statistiques produites.
Les écarts entre administrations, principal défi
Le principal obstacle identifié concerne les écarts persistants entre les données produites par les différentes administrations publiques.
Ces divergences, relevées au cours de la réunion par les conseillers, directeurs, cadres et techniciens présents, peuvent affecter la cohérence et la crédibilité des statistiques de finances publiques.
Pour les participants, ces incohérences ne doivent toutefois pas être considérées comme des insuffisances propres à une administration ou à une équipe. Elles constituent plutôt un problème transversal qui nécessite une réponse coordonnée entre les différentes structures productrices de données.
La session de relance doit ainsi permettre de renforcer la coopération entre les régies financières, le Trésor, la Banque centrale, la Direction générale des Financements et la Direction des Investissements.
L’objectif est de parvenir à des données fiables, harmonisées et disponibles dans les délais, indispensables à la préparation des politiques publiques, au suivi des réformes et au dialogue avec les partenaires techniques et financiers.
Vers une production statistique davantage coordonnée
Au terme des échanges, plusieurs mesures ont été retenues afin d’améliorer durablement le dispositif national.
Les participants ont notamment convenu de renforcer la régularité des réunions du Comité et d’assurer un suivi effectif des décisions prises. Ils prévoient également de systématiser les rapprochements mensuels entre les principales administrations intervenant dans la production des données financières.
La validation des séries rétropolées devra également être accélérée, tandis que la couverture institutionnelle des statistiques de finances publiques devra continuer à s’étendre.
Le ministère entend par ailleurs respecter plus rigoureusement les calendriers de production et de diffusion des données, conformément aux engagements internationaux de la Guinée.
Le renforcement des compétences techniques figure également parmi les priorités, avec l’appui de l’AFRITAC de l’Ouest et du FMI. Le projet PHASAOC devrait, de son côté, contribuer à la modernisation des outils utilisés pour la production statistique.
Une plateforme commune envisagée pour les données publiques
Pour donner une traduction opérationnelle à ces engagements, le Secrétaire général du ministère a instruit les équipes d’organiser rapidement un atelier consacré à la validation des données rétropolées.
Il a également demandé la tenue d’une retraite technique consacrée à l’identification des sources d’écarts et des difficultés rencontrées dans la production des statistiques de finances publiques.
Autre chantier annoncé : la rationalisation des nombreux comités existants ainsi que la préparation d’une plateforme permettant de concevoir et de produire les statistiques de finances publiques de manière concertée.
Pour Dr Mamoudou Touré, la qualité des statistiques ne peut être dissociée d’une responsabilité collective.
« La qualité des statistiques des finances publiques est un bien collectif. Elle ne dépend ni d’une direction, ni d’une institution, mais de notre capacité à partager l’information, à harmoniser nos méthodes et à agir dans la durée », a-t-il déclaré.
Un enjeu de crédibilité pour le programme Simandou 2040
Au-delà de leur dimension purement technique, les statistiques des finances publiques constituent un outil essentiel de gouvernance économique. Elles permettent notamment de mesurer les équilibres budgétaires, d’évaluer les politiques publiques et d’améliorer la transparence de la gestion des ressources de l’État.
Pour la Guinée, leur fiabilisation revêt une importance particulière alors que le pays entend mobiliser d’importantes ressources pour financer son développement et concrétiser les ambitions du Programme Simandou 2040.
Des données publiques cohérentes et régulièrement disponibles doivent ainsi contribuer à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers, des investisseurs et des citoyens.
« Je vous invite donc à faire de ce Comité un véritable cadre de coordination, de redevabilité et de résultats, au service d’une gestion plus transparente, plus crédible et plus performante des finances publiques », a conclu Dr Mamoudou Touré.
La relance du Comité marque ainsi une nouvelle étape dans la réforme du système statistique guinéen. L’enjeu est désormais de transformer les engagements pris en mécanismes permanents de coordination, afin que la qualité des données accompagne durablement la modernisation de la gestion publique et les ambitions économiques de la Guinée.








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