La BEAC envisage d’intégrer le yuan dans ses réserves de change
La Banque des États de l’Afrique centrale (Banque des États de l’Afrique centrale) étudie la possibilité d’intégrer le yuan chinois dans ses réserves de change. Cette orientation vise à adapter la gestion des actifs de réserve de la banque centrale à l’évolution des échanges commerciaux entre la sous-région et la Chine, tout en réduisant les coûts de transaction et en renforçant la résilience financière de la CEMAC.
Une réflexion stratégique sur la diversification des réserves
Cette piste a été évoquée à Yaoundé lors d’une rencontre entre le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, et une délégation du groupe chinois Huawei. Les échanges ont porté sur la transformation numérique des banques centrales, mais aussi sur les implications des flux commerciaux croissants entre l’Afrique centrale et la Chine.
Selon la BEAC, l’objectif est d’ajuster progressivement la composition des réserves de change à la structure réelle des échanges extérieurs de la sous-région, dominés par plusieurs importations stratégiques en provenance de Chine.
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Réduire les coûts des échanges avec la Chine
Aujourd’hui, une grande partie des transactions commerciales entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) et leurs partenaires chinois transitent par des devises intermédiaires comme le dollar ou l’euro.
Ce mécanisme implique plusieurs conversions successives entre le franc CFA, l’euro, le dollar et le yuan, entraînant des coûts supplémentaires et une exposition accrue aux fluctuations des taux de change.
L’intégration du yuan dans les réserves de la BEAC permettrait ainsi de réduire ces conversions, de fluidifier les paiements et d’améliorer l’efficacité des règlements commerciaux.
Une tendance mondiale de diversification monétaire
Au-delà du cas spécifique de la CEMAC, la BEAC s’inscrit dans une dynamique plus large observée chez plusieurs banques centrales. Celles-ci cherchent à diversifier leurs réserves de change afin de limiter leur dépendance à une seule devise dominante et de mieux refléter la structure de leurs échanges internationaux.
Dans le cas de l’Afrique centrale, la Chine est devenue un partenaire commercial majeur, notamment dans les secteurs des infrastructures, des équipements industriels et des biens de consommation.
Modernisation des infrastructures financières
Les discussions entre la BEAC et Huawei ont également porté sur la modernisation des systèmes financiers. Le groupe chinois a présenté ses solutions technologiques liées au cloud, à l’intelligence artificielle et aux monnaies numériques de banque centrale (MNBC).
Ces innovations pourraient renforcer la sécurité des infrastructures financières, améliorer la gestion des paiements et permettre un suivi plus précis des flux monétaires dans la sous-région.
Vers un renforcement de la coopération sino-africaine
Une visite officielle du gouverneur de la BEAC auprès de la Banque populaire de Chine est annoncée pour approfondir ces échanges. Elle devrait permettre de préciser les pistes de coopération autour de la gestion des réserves, des infrastructures financières et du développement des échanges commerciaux.
Même si aucune décision n’a encore été prise, cette réflexion marque une étape importante dans l’adaptation de la politique monétaire de la BEAC à l’évolution des équilibres économiques mondiaux et à la montée en puissance de la Chine dans le commerce africain.







