Le gouvernement malien a adopté un projet de loi de finances rectificative pour 2026, marquant une révision significative de sa politique budgétaire. Cette nouvelle mouture prévoit une augmentation de 100 milliards de FCFA du déficit budgétaire afin de financer les priorités apparues en cours d’exercice, notamment le renforcement de la sécurité nationale et le soutien à la filière coton.
Adopté lors du Conseil des ministres du 3 juillet 2026, le texte modifie la loi de finances initiale votée en décembre 2025 en intégrant de nouvelles mesures relatives aux recettes, aux dépenses et à la trésorerie de l’État.
Des recettes budgétaires en hausse de plus de 315 milliards FCFA
Le budget rectificatif porte les recettes budgétaires à 3 372,895 milliards de FCFA, contre 3 057,792 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale, soit une progression de 315,103 milliards de FCFA (+10,3 %).
Selon les autorités, cette amélioration résulte principalement du meilleur rendement de la Taxe Ad Valorem, un impôt calculé sur la valeur de certains produits, ainsi que de l’intégration des contributions destinées aux fonds miniers, désormais gérés sous forme de comptes spéciaux du Trésor.
Les dépenses progressent plus rapidement que les recettes
En parallèle, les dépenses budgétaires connaissent une hausse encore plus marquée. Elles passent de 3 578,217 milliards de FCFA à 3 993,319 milliards de FCFA, soit une augmentation de 415,103 milliards de FCFA (+11,6 %).
Cette progression reflète les nouvelles priorités définies par le gouvernement.
Les crédits supplémentaires serviront principalement à :
- renforcer les financements consacrés aux opérations de sécurisation du territoire national ;
- accorder une subvention exceptionnelle à la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) afin de soutenir la filière coton ;
- financer les nouvelles dépenses liées aux comptes spéciaux du Trésor.
Un déficit budgétaire porté à 620,4 milliards FCFA
La hausse des dépenses dépassant celle des recettes, le déficit budgétaire prévisionnel est désormais fixé à 620,425 milliards de FCFA, contre 520,425 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale.
Cette révision représente une augmentation de 100 milliards de FCFA, traduisant la volonté des autorités de mobiliser davantage de ressources pour répondre aux nouveaux impératifs économiques et sécuritaires.
Adapter les finances publiques aux nouvelles priorités
À travers cette loi de finances rectificative, le gouvernement malien cherche à adapter l’exécution budgétaire aux besoins apparus depuis le début de l’année.
Si la progression des recettes fiscales offre de nouvelles marges de manœuvre, elle ne permet pas de couvrir l’ensemble des dépenses additionnelles. Les autorités privilégient ainsi le financement des besoins liés à la sécurité, dans un contexte marqué par des défis persistants, tout en apportant un soutien à la filière coton, considérée comme l’un des piliers de l’économie malienne et des revenus de nombreux producteurs.







