RCA : la Banque mondiale plaide pour une réforme des finances publiques
La Banque mondiale appelle la République centrafricaine à accélérer les réformes de ses finances publiques afin de consolider la stabilité macroéconomique, renforcer la mobilisation des ressources intérieures et créer les conditions d’une croissance inclusive et créatrice d’emplois.
Dans une nouvelle Revue des finances publiques intitulée « Renforcer la transparence, la viabilité et l’efficacité du secteur public », l’institution souligne que, malgré les progrès enregistrés ces dernières années, le pays reste confronté à d’importantes fragilités structurelles qui freinent son développement.
Des finances publiques sous forte pression
Le rapport met en évidence plusieurs contraintes qui limitent les capacités d’action de l’État.
La mobilisation des recettes intérieures demeure inférieure à 10 % du PIB, l’un des niveaux les plus faibles de la région. Dans le même temps, la masse salariale absorbe jusqu’à 73 % des ressources publiques, réduisant considérablement les marges budgétaires disponibles pour financer les investissements publics.
La Banque mondiale relève également une forte dépendance à l’aide extérieure ainsi qu’un sous-investissement chronique dans des secteurs essentiels comme l’éducation et la santé, pourtant indispensables au développement du capital humain.
Mieux mobiliser les ressources nationales
Pour Cheick Fantamady Kanté, le renforcement de la mobilisation des recettes domestiques constitue une priorité.
« En renforçant la mobilisation des recettes intérieures et la gestion des finances publiques, la RCA peut générer une marge budgétaire nécessaire pour investir dans son capital humain, dans les services publics et poser les bases d’une croissance inclusive et durable », a-t-il déclaré.
Le rapport estime que le pays dispose d’un important potentiel de mobilisation de ressources, notamment grâce à une meilleure valorisation des secteurs forestier et minier, à la modernisation de l’administration fiscale et à une gouvernance publique plus transparente.
Cinq réformes prioritaires
Pour améliorer durablement la situation budgétaire, la Banque mondiale recommande un programme articulé autour de cinq priorités :
- renforcer la mobilisation des recettes intérieures en élargissant l’assiette fiscale et en modernisant l’administration fiscale ;
- améliorer la gestion de la trésorerie et de la dette publique afin de restaurer la discipline budgétaire ;
- accroître la transparence et la redevabilité, notamment dans les marchés publics et les entreprises publiques ;
- réorienter les dépenses publiques vers les secteurs sociaux prioritaires ;
- améliorer la coordination de l’aide internationale.
Réduire la dépendance à l’aide extérieure
Selon la Banque mondiale, une meilleure mobilisation des ressources nationales et une gestion plus efficace des dépenses publiques permettraient à la République centrafricaine de réduire progressivement sa dépendance à l’aide extérieure.
L’institution estime qu’une telle évolution offrirait à l’État davantage de capacités pour financer ses priorités de développement, soutenir le secteur privé et créer un environnement plus favorable à une croissance durable et à la création d’emplois.







